Pelican - Ataraxia/Taraxis Cela fera bientôt une petite décennie que Pelican existe, jalonnant la dernière décade d'offrandes que l'on a souvent qualifiées de post-metal / post-rock ou en tout cas post-quelque chose, l'essentiel étant surtout dans l'intensité émotionnelle que les chicagoans parvenaient à mettre dans leur musique. Ataraxia/taraxis, leur dernière cuvée en date (parue comme les deux précédentes, Ephemeral et What we all come to need, via Southern Lord) est un EP composé de quatre titres (seulement) pour quelques dix-huit minutes de musique (seulement) mais surtout une étape de plus dans une trajectoire quasi irréprochable et une pierre supplémentaire posée sur un édifice artistique à la cohérence comme à la constance... redoutable.

Quatre nouvelles compositions donc et une entrée en matière, avec "Ataraxia", à l'image de son titre... ataraxique, doom-rock enfumé aux panoramas ambient désolés, un calme avant la tempête ? Oui en quelque sorte puisque si l'auditeur sommeillait un peu, enveloppé jusqu'alors par un doux matelas de léthargie sonore, "Lathe biosas" vient secouer l'ensemble en développant un post-rock métallique volubile aux esquisses mélodiques tendant vers le désert rock puissant et évocateur. On retrouve déjà plus le Pelican que l'on connaît depuis What we all come to need, oeuvrant dans des sillons "post-stoner" que vient labourer un peu plus l'imposant "Parasite colony". La lourdeur des guitares est de retour, ce groove pesant et flottant souvent imité mais jamais réellement égalé fait toujours son effet et les Pelican livrent ici un troisième titre à l'équilibre quasi parfait.

Pour la puissance évocatrice des instrumentations, on est toujours en terrain connu : ce n'est pas encore aujourd'hui que le groupe va réellement révolutionner sa musique, même si son oeuvre n'est pas exempt de quelques petites évolutions, surtout lorsqu'il s'offre une en conclusion en forme d'échappée folk/acoustique aux effluves americana appuyée, sur un "Taraxis" tout en songwriting aussi classe que racé, avant un final ébouriffant de maîtrise et chargés en décibels bourdonnant. Belle efficacité et un énième joli coup discographique (bien qu'un peu court, mais on le savait déjà...) réalisé par un groupe qui n'est toujours pas décidé à commettre un mauvais disque. La marque des grands sans aucun doute.