Pelican - What we all come to need A chaque nouvelle sortie, Pelican enrichit et complète un peu plus une discographie extrêmement homogène, jalonnée d'oeuvres post-metal de grande classe. Il y a eu notamment Australasia , The fire in our throats... ou City of echoes, What we all come to need ne déroge pas à la règle. Et si les Chicagoans ont connu une petite révolution interne, quittant Hydrahead pour rejoindre Southern Lord, ce qui faisait l'essence de leur musique, organique, puissante et en perpétuelle évolution, est toujours là. Mais pour autant, on ne pourra pas dire que le groupe ne se renouvelle pas. De fait, la clef de voûte de cet album et de l'évolution du groupe réside en un mot : "mélodie". Là où la signature des Pelican chez le label de Goatsnake ou Khanate laissait augurer un album plus sombre et massif que City of echoes, c'est plutôt l'inverse qui se produit tant l'écriture du groupe semble avoir été placée sous le sceau d'un post-stoner rock burné et addictif. En grande partie débarrassée de ses éléments les plus métalliques ("Glimmer"), la musique du groupe se veut ici plus transcendante qu'auparavant et plane en apesanteur au-dessus de riffs sculptés dans la roche d'un stoner-rock puissant, groovy et hypnotique ("The Creeper").
On ne reviendra pas ici sur "Ephemeral", déjà au tracklisting de l'EP du même nom et chroniqué par ailleurs, si ce n'est pour convenir qu'il donne un peu plus de caractère à ce What we all come to need qui n'en manquait pourtant pas vriament. D'autant qu'au fil des morceaux, on sent le groupe désireux de raffermir sa griffe musicale, l'éloignant de fait des codes de la musique dite "post" (rock/metal/hardcore) pour la rendre moins évidente à décrire mais en même temps plus évocatrice dans ses élans mélodiques. Les mélodies encore... qui prennent de l'ampleur sur "Specks of light" puis "Strung up from the sky" non sans que les instrumentations toujours solides et volubiles n'aient auparavant élagué les amplis de ses aspérités hardcore. Dans le jeu, les Chicagoans semblent avoir fait évoluer leur approche instrumentale, on le sent d'autant plus qu'ils se sont également assurés le concours d'invités prestigieux sur quelques titres (Aaron Turner d'Isis, Greg Anderson de (Sunn O))), Ben Verellen de Harkonen et Helms Alee...). Et même si le Pelican de cet album n'en a pas pourtant oublié de s'armer de quelques riffs massifs (l'éponyme "What we all come to need"), il s'éloigne des sentiers de City of echoes de part son architecture (post) stoner caniculaire ("An inch above sand") qui, à l'image de l'artwork ou de l'épilogue ("Final breath" avec du chant...), donne une nouvelle couleur à la discographie du groupe. Du grand art...