Avec Parlor, on n'est pas trompé sur la marchandise : un artwork particulièrement sombre (les couleurs entre gris et noir, un visage inquiétant qu'on devine) et un titre évocateur (Tears for everything), les Parisiens ne sont pas là pour la rigolade. Non, au menu, de la souffrance et des larmes pour tout ce que tu veux. Youpi.
"Youpi" ironique ou pas ? Tout dépend de ton état d'esprit. Soit tu n'as pas trop la patate, et alors, oui, c'est un peu sarcastique, et s'enfermer dans la noirceur du quatuor n'est pas une excellente idée... Au contraire, si tu aimes les sensations fortes provoquées par la musique, si tu apprécies le chaos, et les ambiances black (à fond) ou post (lourdes et lentes) et un son à la granulométrie élevée, alors, c'est un "Youpi" premier degré car il y a de quoi se réjouir d'avoir une nouvelle production de Parlor qui excelle avec un core ouvert à de multiples influences toutes plus noires les unes que les autres... De nombreuses variations et des titres assez courts font que le temps passe très vite, d'écorchures growlées à une mélopée plus claire, de riffs ultra puissants à des coups de bistouri bien tranchants, on se prend des rafales de séquences HxC bien carrées avant de se faire malmener par une dynamique au groove bien crade, mais qui nous fait bouger quand même, et parfois tout cela sur la même plage, le combo ayant un talent certain pour mixer les ambiances et sauter de l'une à l'autre avec une facilité déconcertante. Même s'il n'est pas forcément représentatif de l'ensemble, j'ai une attirance pour "Cement diktat", peut-être à cause de son énorme basse, morceau plus posé, avec une voix filtrée (qui me fait penser à quelques traficotages testés par Therapy? par le passé) qui se déchire et remue les tripes. À noter que le clip fait rimer danse et violence, choix audacieux et réussi lui aussi. "The drop" est dans la même veine, j'adore aussi.
"Abyss" (construit avec le spécialiste des machines Paul Void) à part, on a peu de samples sur ce nouvel opus, ça le rend plus direct, plus brut, plus abrupt, ça nous laisse focus sur le son et les déchirements, c'est donc tout sauf un hasard.
Publié dans le Mag #69


