out : unik Dieu que cet album s'est fait attendre ! Aprés avoir signé son deuxième album, X-Position, chez RoadRunner USA, le groupe lillois pensait avoir passé le plus dur, mais c'était sans compter sur la politique de RoadRunner qui n'a pas grand chose à faire de ce groupe français sur le territoire nord-américain, bref, les Out sont restés en Europe, avec l'unique appui de RoadRunner France et de quelques bureaux à l'étranger. Les succés en Angleterre (merci Pulkas), Allemagne et au Bénélux ont permis au groupe de travailler dans la sérénité après avoir dit au revoir à RoadRunner. Ils font venir le canadien André Wahl au Chapel Studio (Angleterre) et enregistre leur album en 2001. Début 2002, il est mixé par ce même Andy du côté de Londres, "ça avance", le groupe trouve les fonds grâce à la jeune société de production Exxos et démarche les grosses boîte de distrib', il faut attendre début septembre 2002 pour que le deal avec Naïve soit arrangé, tout est prêt pour sortir l'album ! Le titre "Aucun sens" est lâché en pature sur la compil Nu-ko et rend l'attente insupportable. Mais il faudra attendre et encore attendre jusque la fin du mois de février 2003 pour le voir dans les bacs... Comme quoi rien n'est simple dans ce milieu...
Unik est donc déjà un vieil album quand il sort, mais pour un vieux, il a une sacré pêche ! "Before the bullet" donne le ton, les samples s'affirment, les guitares sont travaillées au possible, les rythmes sont nets et précis et le chant toujours aussi bien maîtrisé, en anglais comme en français. Car sur les 15 titres de l'opus, on en a cette fois-ci trois compréhensible à la première écoute. Et Out s'en sort sacrément bien, d'autant plus qu'ils se sont amusés à traduire (si l'on peut dire puisque les textes sont plutôt différents) les excellents "Aucun sens" et "Monter la haine" en anglais, ça donne "Share" et "Guess freedom", deux titres qui ont la même efficacité quelque soit la langue. Dans l'autre sens, "Grief" devient à la fin de l'album, avec un peu moins de réussite, "S.M", comme quoi Out arrive mieux à passer du français à l'anglais que l'inverse. Côté musique, on oscille entre un côté sombre et néo ("Eternal complexion", "Pleasure's loud") et un autre électronique, mellow, machinal, un côté beaucoup plus prononcé où servent de référence Spineshank ou Orgy ("Angels with no wings", "Sea of dreams"). Les mélodies prennent souvent le pas sur l'aggressivité et Out se risque même à un titre chargé d'ambiances Nine Inch Nailsques : "Ambient shadows". Bref, Unik est impressionnant.
Out enfonce le clou sur ce qu'il savait faire et démontre qu'il domine déjà ses nouveaux terrains de jeu que sont la translation et l'industrialisation (sic), explosant par la même occasion les derniers complexes du métal français. Vraiment très impressionnant.