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NVRVD / Chronique LP > Coma

NVRVD - Coma Guerilla grindcore-hardcore-rock au cœur d'une jungle urbaine oppressive et métallique à souhait, le premier effort des NVRVD aka Never Void, découverts quelques mois plus tôt au détour d'un split avec les suisses de Coilguns (l'album sort du reste sur Hummus Records, le label fondé par ces derniers), est une arme de destruction auditive à ne pas mettre entre n'importe quelles mains. Un objet qui, une fois passées les premières secondes d'introduction et de mise en ambiance larvée, balance une série de torpilles supernoïsiques venant ébrécher et malmener sauvagement les enceintes comme les conduits auditifs des auditeurs avec une férocité des plus cinglantes ("Oberohe", "Impartial eyes").

Une violence crue mise en exergue par une production rêche, DIY et sans concession (il se dit que l'album aurait été composé et enregistré dans un coin un peu perdu d'Allemagne, quasi inhabité, dans une maison au fin fond des bois... ambiance), les Allemands jonglent avec les étiquettes : hardcore, crust, rock, grind... pour les expédier sans vergogne dans le mixeur, appuyant sur "on" avant de contempler, goguenards, la mixture qui en sort bruyamment, mais un peu comme ça vient aussi. Et celle-ci se révèle bien salvatrice bien que parfois bordélique ("We are") avant de soigner ses ambiances, cautérisantes ("An echo to your unbiliefs"), dans un contexte "d'après apocalypse" sonore décharné. Pour finalement relancer la mécanique de plus belle ("No heaven") et d'assommer l'auditeur façon bûcheron teuton vraiment pas content.

Après 22 minutes d'une belle décharge sonore conclue sur "Niederohe", on ressort du Coma en s'étant ramassé une belle dérouillée sonore qui nous laisse les trois quarts du corps endolori. L'intégralité, ça aurait été encore mieux mais ce sera pour la prochaine. En attendant, voici un énième représentant d'une certaine scène post-machin bien hargneuse et faite-maison qui, à la manière d'un Alpinist, d'un Cursed ou d'un Trap Them vs Pulling Teeth désencrasse plutôt bien les cages à miel. Viril et joliment forcené.

NVRVD / Chronique Split > Coilguns | NVRVD

Coilguns | Never Dead Après un premier split avec leurs co-conspirateurs de Kunz paru chez Pelagic Records (Abraham, Hypno5e, The Ocean), puis un EP tous seuls comme des grands (Stadia rods), voici à nouveau un split pour les fines gâchettes de Coilguns. Tout ça en à peine plus d'un an. Mais en CD et LP cette fois pour des Suisses qui s'associent à cette occasion avec les Allemands de Never Void, histoire de se faire la main sur une ultime décharge de décibels en format très court avant de s'atteler à un album long-format fatalement attendu au tournant.

2 titres studio + 2 bonus tracks live chacun, le compte est rond et le résultat parfaitement ravageur d'un bout à l'autre de la bande enregistrée. Si les Suisses sonnent violemment la charge en expédiant un "Mandarin hornet" qui met d'entrée de jeu les compteurs dans le rouge vif. Incandescent, brutal, saccadé et d'une maîtrise folle, voici un pur condensé de ce dont est capable Coilguns : du D-beat hardcore punk grind qui ravage les conduits auditifs en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. On le dit quand même et pendant ce temps, les joyeux lurons helvètes enquillent "Dewar flasks" en forme déclaration d'amour belliqueux et acharné. Oui, le suisse aime l'amour vache.

Ni une ni deux (bon en fait si, deux), les Allemands de Never Void répondent du tac au tac avec un "Hungry for needs" à la vigueur extrême, ramassée, outrageusement punk hardcore. C'est court, bien compact et ça respire l'urgence viscérale : bref NVRVD pour les intimes, donne (comme son nom le sous-entend clairement) dans le réflexe de survie instinctif. Le jusque-boutisme hardcore vissé jusqu'au dernier souffle aux enceintes. Une méchanceté sonore qui avec un "Direktore" bien barbare y déverse toute sa férocité crue en moins de trois minutes chrono, les Allemands tiennent la dragée haute aux Suisses et le font bruyamment savoir.

Coilguns vs Never Void : les amateurs de Botch, Breach, Cursed et autres Converge seront comblés pendant que les autres ramasseront leurs tympans ensanglantés gisant sur le sol du studio d'enregistrement. Les morceaux bonus live ne faisant qu'attester de cet état de faits. HARD.