NoHayDeaz : # 3 Après l'excellent Autumn session qu'est-ce que NoHayDeaz peut bien pondre de bien ? #3 justement ! Six titres à l'apex de la saturation et de la mélodie, six titres qui trouveront leur chemin au travers les bouchons de cire.
Autant mettre les choses au clair dès le début, le mix et le mastering laisse quelque peu à désirer, le son général est un peu étouffé, feutré, manque un peu de fraîcheur et de hautes fréquences sautillantes, c'est dommage car celà donne un peu moins d'épaisseur à l'ensemble; parlons également de la caisse claire qui a du être enregistrée dans un carton... Bref la qualité de NoHayDeaz ne s'en tient pas à des considérations de surface, mais bien dans ces titres qui rugissent, vrombissent, hurlent et déferlent avec fougue et rage. NoHayDeaz se fait plus direct qu'un After Taste, trempe ses lèvres délicatement dans Envy, et fait surement rougir de plaisir Gantz.
Lignes de basses toujours envoutantes, où l'on retrouve un clinquant délicat, une brillance un peu vintage, un chant à fleur de peau qui surgit et écorche, NoHayDeaz n'a pas perdu son savoir-faire lorsqu'il s'agit de distiller une atmosphère. "Take your knife out", remballe Radiohead au rayon jouets pour enfant, mais ne s'éternise pas pour autant, une ouverture qui débouche sur un riff qui tourne court et s'embrase avec fureur. Descentes de manches, des clins d'oeils du côté de Kruger, la touche screamo en plus, "Specter" se range du côté du titre précédent et délivre ces décibels dans l'autre oreille, mur de guitares, accumulation sonore, NoHayDeaz explose dans un éclat de saturation, une jouissance sonique qui ne demande qu'à se reproduire à l'identique, pour aboutir à un orgasme auriculaire.
Certains nettoient au Kärcher, d'autres sortent les amplis, c'est plutôt bien vu puisque c'est écologique, "And the continuous rod mill its way" continue le travail de sappe là ou "Specter" l'avait laissé, atmosphère toute en finesse, des guitares qui sifflent et exultent, avant d'entamer une toute autre approche au silence, c'est à dire son comblement et sa disparition par guitares interposées, où la saturation règne en maîtresse absolue.
"Pictures" pourrait bien être la pièce maîtresse de ce #3, un riff nonchalant, une batterie subtile, transpercé par une envolée hurlante, agrémenté d'une basse qui fait monter la sauce, l'atmosphère se transforme, s'appaise, s'épaissit lentement, pour exploser en milliers d'éclats métalliques. À écouter d'urgence donc.