Mont-Doré - Escalades Deuxième production signée Black Basset Records, tout jeune label belge comptant déjà en son sein quelques pépites comme Billion of Comrades mais aussi Castles. Pour ne pas citer Augures ou Thot (également au calendrier des sorties de la structure bruxelloise), Escalades, le premier EP de Mont-Doré est un mini-album garni de six titres qui marque d'une pierre blanche la naissance d'un projet en devenir et à suivre forcément à l'avenir. Un groupe qui d'ailleurs prend tout son temps, lors d'"Easier afterwards", pour instaurer une ambiance propice à ce qui va suivre. Soit un joli chaos sonore scrupuleusement exécuté.

Une atmosphère délicatement viciée, un screamo/post-punk aux relents post-hardcore écorché vif qui vient souiller la platine quelques cinq minutes et seize secondes durant, rien à redire sur la forme ou le fond, le groupe a réussi son entrée en matière. Et en toute logique poursuit sa belle entreprise de démolition sensorielle avec l'incandescent "Please do not die again". Une effervescence hardcore de tous les instants, un screamo qui balaie toute velléités de résistance sensorielle, venant larder de riffs et vocalises forcenées des enceintes qui n'en demandaient pas tant. Surtout que la suite, avec "Inner schism" ne va guère les épargner non plus, le groupe s'offrant une jolie séance de trépanation sonore à haut volume et tempo allegro vivace fortissimo.

Intense, salvateur et sans concession, Mont-Doré (pour l'anecdote le side-project de Grégoire F., architecte et homme à tout faire de Thot) brille de mille feux par son effervescence sonore et ne se prive jamais pour en rajouter une couche alors-même que l'on pensait qu'il venait de tutoyer ses propres limites. Lesquels semblent bien incertaines, surtout lorsque "Choristes" vient en remettre une couche, rendant du même coup le groupe encore un peu plus insaisissable, alors même que se profile déjà le cinquième et ultime titre de ce trop court mais ô combien fulgurant premier EP : le si bien-nommé "Météorites" prolongement naturel de son prédécesseur auquel il succède sans même d'interruption. Et c'est tant mieux tant la musique du groupe se vit comme une décharge de violence abrupte que l'on prend en pleine face, à vif, sans jamais pouvoir reprendre son souffle dès lors que l'assaut a débuté. Jusqu'à ce qu'il se termine.

Pour les survivants.