Mihai Edrisch : L'un sans l'autre L'un sans l'autre comporte en son sein une violente composante destructurée, un noyau qui vibre avec tachychardie, un flot noir de particules qui s'écoule et s'enroule en s'annihilant, tout en gardant un espoir sanglant sur un fond de fin du monde, où rien n'est éternel, ni la marche du temps, ni l'ordre des choses...
Mais croire qu'en une phrase tout est dit serait réduire considérablement Mihai Edrisch, de la même manière que leurs homologues anglais de Forever until October. Guitares scarifiées, basse lacérée, chant plaintif, batterie qui fibrille, Mihai Edrisch met toute son âme sur "je l'appelai" ou "les enfants".
"La pluie" est une version plus violente de "L'orage" de T.e.d., dôté d'un rythme obscurci et subtile qui se dévoile peu à peu, une basse glissante, grondante, qui râcle le couvercle avec de ses griffes, breaks qui s'enroulent en un maëlström électrique, pour finir en s'encastrant dans "Et pourtant"; Passages ou les ondes s'irrisent, se disolvent et s'éparpillent, Mihai Edrisch perd ses illusions, et pourtant garde l'équilibre sur le fil du rasoir.
Basse distordu, basse grondante, guitares hurlantes, guitares furtives, batterie disloquée, batterie martelante, l'univers sonore de Mihai Edrisch est une fresque fractale où les ambiances s'emboîtent, se bousculent, et où le chant apparaît, intermittant, incisif, accéré, comme sur "L'un sans l'autre", titre rempli de contraste. Mihai Edrisch manie également le piano avec le touchant "Les mémoires", et les mélodies sous-jacentes avec le très efficace "Conflit", tout en gardant une place de choix pour les passages instrumentaux comme sur "A demi mots" ou "Les arbres" et son intro acoustique troublante.