Memories of a Dead Man - Maze Alex Diaz (The Prestige), la paire Thomas Thirrion & Julien Hekking (AqME); Yann Ligner (Klone) et Mike Armine (Rosetta) réunis sur un même disque, ça a déjà forcément de la gueule. Là, en l'occurrence, c'est le casting de guests réunis sur Maze, le nouvel EP de Memories of a Dead Man. Lequel fait suite à deux premiers disques très estimables, encore imparfaits, mais démontrant sans contestation possible que ce groupe-là était un sacré talent en devenir. Préfigurant un nouvel album prévu dans les prochains mois, Maze se fait l'écho du nouveau statut que les frenchies sont en train d'acquérir. Car en l'espace de cinq titres et quelques vingt-cinq minutes de musique, ce mini-album envoie du très lourd dans les écoutilles.

Premier acte avec "Spoken yet never heared", monumentale parpaing métallique balancé comme ça, sans prévenir, à la face de l'auditeur. Entre metal abrasif à haute teneur émotionnelle et post-hardcore dynamique (ou -mite c'est selon), MoaDM frappe incroyablement fort, plus intensément qu'il ne l'a encore jamais fait et on ne sait pas si c'est l'apport du vocaliste de Rosetta qui a poussé le groupe a se dépasser, mais ce premier titre torpille la concurrence avec une aisance fulgurante. Pas un coup de chance ni de bluff, "Commotion" vient démontrer sans l'ombre d'un doute que les auteurs du très estimable Beyond the legend ont passé un cap déterminant et débarque sans prévenir sur le ring des poids-lourds de la catégorie. Hurlé à s'en faire claquer les cordes vocales, mélodique et animal, ce deuxième titre, "Commotion", est une déferlante sonique de haute volée.

En deux titres, Memories of a Dead Man nous a retourné les tripes en démontrant qu'en sus d'une production énormissime, il avait su donner un souffle épique d'une rare intensité à son oeuvre, et après la secousse sismique, allège un peu son propos avec "The other way around" (et un Klone en guest). Un chant très clair et une violence épidermique rangée au placard font de ce morceau une réussite honorable mais à mille lieu de la puissance foudroyante de ses prédecesseurs sur ce Maze. Un peu de calme avant la tempête et voici que le groupe retourne au charbon avec "Lighthouse", toujours armé d'une grosse puissance de frappe et d'un sens de la composition qui fait très "mâle", il expulse ici des litres de violence acide et trop longtemps contenue... avant de conclure en beauté sur "The great escape". Un final hybride d'une grande variété dans les approches stylistiques, un savoir-faire comme toujours irréprochable et ce petit zeste d'inspiration qui font les excellents disques, alors que se profile déjà un album long format dont cet EP serait une sorte de prologue, Memories of a Dead Man vient de braquer la scène postcore hexagonale et s'apprête à faire sauter la banque. Nous voici prévenus.