Memories of a Dead Man - reMAZEd A l'initiative du projet, Ben a toujours voulu ouvrir au maximum ses compositions à diverses influences, le groupe n'a ainsi jamais véritablement sorti deux albums "comparables" et s'était même permis d'inviter de nombreux guests prestigieux pour son EP Maze, une expérience à laquelle on ne peut éviter de penser au moment de se plonger dans (re)M.A.Z.E.d... Une suite pas si logique car les "invités" ont disparu sur cet opus et s'il y a de la nouveauté, c'est que presque tout le line-up a changé depuis le Ashes of joy paru en 2014. On a même pu imaginer le groupe disparu pendant un temps mais le Ben n'a jamais cessé de composer et a réussi à réunir autour de lui une nouvelle équipe : Maya et Thierry forment un nouveau duo complémentaire au chant, Julien apporte son expérience métallique à la guitare en live, Hervé (basse) et David (batterie) s'entendent pour rythmer le tout et petit bonus, des claviers gérés par Thomas.

C'est donc un nouveau groupe ou presque qui a travaillé sur (re)M.A.Z.E.d et ses compositions qui tirent dans tous les sens, en fonction des affinités de chacun et des lignes directrices dessinées au départ, Memories of a Dead Man continue d'explorer le rock/métal au sens large quitte à nous perdre dans son labyrinthe de textures, de tempo et de sensations. Le premier titre résume un peu l'opus (il est dispo en clip si tu veux te faire un avis personnel), ce "Shapeshifter" plutôt pugnace est guidé par une voix masculine éraillée et le timbre chaleureux de Maya avant que les deux n'empruntent les voies de l'autre pour un mélange détonnant. On trouve aussi des parties plus progressives avec un métal plus aérien ("Do you accept ?" et sa belle lyric video, "Ignition"), l'opposition entre la dominance d'un chant clair alors qu'il pleut des riffs sombres ("Scaring stars"), la mise en exergue des mélodies ("Deceiving utopia", "Wavelength") y compris sur la pause délicate "So shine" (où l'on retrouve Pierre, leur ex-chanteur). La puissance et la hargne qui caractérisaient les débuts du combo ne sont pas oubliées avec les "Inner shout" et sa dose de growl ou "Hold your breath" gavé d'énergie avec une Maya à l'attaque qui reprend délicieusement des forces avec un peu de clavier. Avec des constructions parfois très risquées ("A framed window"), (re)M.A.Z.E.d réussit un amalgame d'idées disparates mais qui collent ensemble grâce au liant apporté par chacun.

Retour en grâce pour Memories of a Dead Man avec cet album assez proche de la période Maze / V.I.T.R.I.O.L dans l'intention, un opus qui démontre qu'on peut avoir de multiples idées et les mixer sans en diluer aucune. A noter la finesse du travail de production de Duff Rodriguez (bassiste de Wrong et ex-Sublime Cadaveric Decomposition) qui est en train de faire son trou (Brusque, Krokodil, Everaged, The Distance, Demain Dès l'Aube... sont aussi passés au Mejej Studio). Et si t'ajoutes le très bel artwork, t'as un skeud plus que réussi à tous les niveaux !