Mathilda - Mathilda Le premier contact que j'ai eu avec Mathilda, c'est la découverte du superbe visuel à la fois classe et intriguant où la douceur du végétal et de la féminité vient percer une ombre noire, l'artwork se décline sur tout le digipak, dés le premier contact, on sait que Mathilda a des idées et se donne les moyens de marquer les esprits, je ne le répèterai jamais assez mais pour un jeune groupe, ce genre de "détails" extra musical est extrêmement important, mieux vaut attendre d'avoir la renommée de Sepultura ou Limp Bizkit pour chier ses artworks et celle de Radiohead pour ne vendre que des suites de 0 et de 1 encodés en mp3/4 pour i-pod/pad/phone.
Une fois Mathilda fourrée dans le lecteur, c'est "Sous la lune immobile..." qu'on découvre un groupe orageux dont le coeur bat pour accompagner une guitare, avec ces 35 secondes d'introduction pour "... Et le diable passe", on a là encore, un premier contact de qualité qui nous plonge dans l'ambiance et éloigne ce qui nous entoure pour nous concentrer sur la musique et un rock métal burné, chanté en français et sacrément bien produit. Mélodiques sans abuser du mielleux (donc pas loin de Twage ou Unswabbed), avec de gros rythmes et une disto bien acérée, les jeunes Parisiens réussissent là où beaucoup échouent (c'était quoi leur nom déjà ? Ah oui Vegastar), faire du métal accessible, chanté clairement et dans notre langue. Et même quand le spectre s'élargit avec d'un côté un chant plus poussé et de l'autre une guitare en son clair ("L'essence même"), le groupe prend de l'ampleur et s'affirme comme un futur grand, à condition de continuer à prendre son temps pour ne pas brûler les étapes et travailler avec autant de finesse que pour ce premier EP qui pourrait bientôt devenir collector.