Mass Hysteria - Tenace Part 2 J'ai beaucoup mais alors beaucoup écouté Tenace - Part 1, et si j'attendais l'arrivée de la Tenace - Part 2 avec une impatience certaine, j'ai d'abord été déçu. Préférant même me replonger dans la première partie plutôt que de mieux découvrir la seconde. Et je ne savais pas trop dire pourquoi. J'ai laissé passer quelques semaines et je me suis remis la galette. Et je crois avoir compris pourquoi j'ai eu du mal à me laisser convaincre, dans un premier temps par ces 7 nouveaux titres. C'est qu'ils me rappellent, plus ou moins, d'autres titres de Mass Hysteria là où des morceaux comme "Mass veritas" ou "Le grand réveil" sonnaient comme jamais. Et la tonalité d'ensemble est ici plus proche de De cercle en cercle avec de nombreuses mélodies travaillées.

Une fois intégrée, cette idée d'un Mass qui se souvient de ce qui a aussi fait sa force (les nappes électro, les harmonies), j'ai pu davantage goûter à cette nouvelle série et je suis désormais addict à "L'air bien" qui allie tout ce que savent faire les MH avec la voix de Flèche Love, chanteuse dont les sonorités orientales viennent illuminer la fin du morceau (et où la fille de Yann vient aussi apporter de la douceur), à "Un Assange passe" pour son texte mais aussi ses variations et sa guitare planante qui fait monter la pression avant un final explosif, accro aussi à "Le club du feu" et son mélange détonnant de phrases mélodieuses, de guitares accrocheuses, de clavier bien posé, de samples qui ne font pas que décorer et d'un texte qui intègre des éléments pour les initiés. Même s'ils sont réussis également, j'ai moins d'affect pour "Ex-voto" et sa vision d'un "En marche" martial et caustique, "L'émotif impérieux" un peu trop sucré ou "L'inversion des pôles" et "Washington décès" dont les chœurs pour l'un et la construction pour l'autre me ramènent trop à "Se brûler sûrement".

Outre ces considérations toutes personnelles, Mass Hysteria a encore blindé ses textes de références culturelles, qu'elles soient issues du monde de la littérature ("Lolita" de Nabokov, "La nuit des temps" de Barjavel), du cinéma ("Tous les matins du monde" de Corneau (ou le roman de Quignard ?), "De battre mon cœur s'est arrêté" d'Audiard, "Las Vegas Parano" de Gilliam...) ou de série ("Stranger things" des frères Duffer)... Et certainement d'autres car si Mouss emploie "Désenchantée" ou "Mission impossible", il ne le fait pas uniquement parce qu'il a besoin de ces mots, je le soupçonne de les utiliser aussi pour ce qu'ils peuvent évoquer. Ou alors c'est moi qui cherche trop de références partout et j'en vois là où il n'y en a pas (volontairement en tout cas). Ce qui est sûr, c'est que Mouss n'a pas lésiné sur les jeux de mots, dans les titres ("Washington décès", "Un Assange passe", "L'émotif impérieux") mais aussi dans les paroles où il fait rimer "héros" avec "héraut" ou se joue de la lecture française de la capitale américaine. Le champ lexical fait écho à d'autres chansons ("Soyons les loups" rappelle "Tenace"), dénonce autant les puissants que le complotisme ("Les théories", "reptilienne", et un festival sur "Washington décès" où politique et population sont touchés par les "kabbales" de "l'Etat profond", de la CIA... jusqu'à suivre QAnon sur l'adrénochrome).

Pour un Tenace impérial, peut-être aurait-il fallu mettre deux-trois titres de côté et tout "mélanger" sur un seul album pour éviter la confrontation (inévitable...) des deux EPs ? Si au final j'ai une petite préférence pour le premier, peut-être aussi est-ce parce qu'il est sorti en premier justement... Qui sait si en diffusant le deuxième avant, je n'aurais pas eu une perception différente car en mettant les nouveautés "à la fin", on pouvait davantage fantasmer sur le futur...