Maps And Foils

Maps And Foils / Chronique LP > Nulle part

Maps and Foils-Nulle part Ils fêtent leur dixième année d'exercice en 2026 mais on ne les découvre que maintenant, on se sent un peu bête d'être passé à côté ces dernières années, mais Internet nous permet de nous rattraper et ce même réseau mondial te permet, peut-être, de les découvrir aujourd'hui. Qui ça ? Les Maps And Foils (c'est écrit au-dessus ! Fais un effort), un groupe parisien qui se qualifie de postcore, mais qui est bien plus que ça...

Bien plus parce que leur son est incroyablement granuleux et grave, bien plus saturé que la plupart des groupes de sludge, t'as intérêt d'avoir une bonne sono et des oreilles préparées pour bouffer autant de basse. L'écouter chez soi en réglant le son si jamais c'est "trop" est une possibilité (déconseillée cependant), mais je n'ose pas imaginer l'état des cranes en fin de répét', même si j'apprécie beaucoup leurs titres, il faut admettre que ça fait du bien quand ça s'arrête.

Bien plus encore car il se dégage une énergie assez punk, un truc très brut qui nous pète à la tronche et qui semble quasiment incontrôlable (c'est bien entendu tout l'inverse). Les riffs et les frappes se déversent dans les enceintes, on se retrouve à se demander si y'a pas un bug dès le moindre break (la fin de "Death of the fly (1968-1955)" par exemple), ça matraque et ça se déchaîne, clairement, on subit des assauts qui sont loin d'être ceux des schémas post-metal qui nous laissent davantage de temps pour se préparer puis pour souffler. Et quand le groupe calme le jeu, il reste un peu de cette énergie qui traîne dans les câbles puisque le son n'est jamais très clair...

Enfin, non seulement le chant est en français mais en plus il est audible (bien que très énervé et proche du scream), pas de passage mélodieux, clair, ou à l'inverse totalement en growl/death (ok, parfois, on est juste à la limite). Les textes sont livrés avec le disque (c'est appréciable) histoire de profiter autant que possible de la morosité ambiante ("Nulle part", "Vacarme", "Soudain, le néant", "Infernal", "Crépuscule" pour quelques titres de morceaux, "mort", "tempête", "triste", "sang", "maux", "mourant", "morne", "nuit" ... pour quelques mots), on sent assez clairement l'influence de Churchill qui, dans d'autres circonstances, n'avait à offrir que "du sang, de la peine, des larmes et de la sueur".

Un côté Neurosis pour le son, un peu de Coilguns pour l'explosivité et une pincée de Pogo Car Crash Control pour le chant... Tu peux imaginer le résultat ou aller écouter le Nulle part de Maps And Foils, tu ne seras pas déçu du voyage !

Publié dans le Mag #69