Voici la chronique puzzle du Celestial de Mantra, un assemblage de 4 textes parus à différents moments car le groupe a coupé en quatre son opus pour le faire correspondre aux saisons.
Ce sont des chœurs qui lancent "Messenger", ce sont aussi des chœurs qui ferment "Celestial", ils nous ouvrent les portes avant de les refermer près d'une heure plus tard... À l'ambiance un peu mystique succèdent des sonorités plus terre à terre avec une basse bien sourde qui vient contrebalancer les guitares jusque là plutôt lumineuses. Le chant ne cherche pas trop à suivre une mélodie, il se fractionne et se fait parfois très hargneux pour suivre un riff longtemps martelé qui mène à un break plus léger. On se fait ainsi balader pendant sept minutes sans trop savoir où on va. En tout cas, on arrive à "Illumination", plage qui débute avec beaucoup de clarté, les distorsions font l'impasse, la voix se détache, va chercher quelques mots dans les aigües, les six-cordes apportent de l'harmonie et quelques arrangements (encore des chœurs) apaisent le titre qui finit par mourir au piano. C'est classe et assez personnel. "Premonition" charme lui aussi, mais se trouve être moins identifiable à "du Mantra" car la composition va largement piocher des idées chez Tool, même si ce n'est pas pour me déplaire. Bien sûr que la bande de MJK n'est pas dépositaire de tout ce qui ressemble à des riffs hypnotiques, des descentes de tomes et des petites notes de gratte, mais il y aurait de quoi faire bugger Shazam ! L'hiver arrive avec "Isolation", à la rudesse d'un rythme assez saccadé, le groupe oppose la douceur du chant. On se retrouve à se lover contre les mots, à se réchauffer auprès de sensations qui rappellent (encore) Tool et, pourquoi pas, A Perfect Circle. Et si le ton se durcit par la suite, à l'initiative de guitares particulièrement agressives, on reste blotti sur la voix. Claire et lumineuse, elle nous encourage à prendre nos distances sur l'aérien "Vessel" qui fait face lui aussi à quelques attaques comme ces riffs qui viennent grêler nos oreilles et ces frappes qui transforment un espace mesuré en chaos d'où, encore, le chant essaye de nous exfiltrer. La nature qui nous environne n'est pas forcément rassurante, mais c'est le dernier contact qu'on a avant "Home" qui s'étire sur plus de quinze minutes et, malgré des variations et de nombreuses idées, m'a laissé dehors. Assez peu metal dans l'ensemble, Mantra juxtapose des parties très claires, une guitare orientale, un chant saccadé, un autre presque en spoken word, une grosse rupture, une ambiance religieuse et un final assez grandiloquent. Certes, le titre porte une histoire mais cela manque de liant, d'un gimmick qui assure une continuité entre ces éléments disparates... Chaleur et douceur dominent la fin de l'album même si, mesure après mesure, l'atmosphère se charge, le ton se fait plus dur, le vent se lève et l'orage finit par tonner. Très prog', "Transcendence" mêle un chant rock, des riffs tournoyants un peu matheux, des passages plus sombres, s'offre des pauses dans le récit mais, contrairement à "Home", on ne se perd jamais, la guitare (quel son !) nous sert de repère pour nous mener au-delà. C'est beau et réussi ! Tout comme "Celestial" à l'introduction soignée, tant par le chant mélodieux que par les petites notes lumineuses qui viennent caresser nos oreilles. Un accord plus lourd vient rompre le charme, Mantra gagne en intensité, métallise rudement son propos par les instruments qui semblent peu à peu perdre le contrôle. Un peu de poids rythmique et les mots redressent la machine et la dirige vers une fin plus heureuse avec des chœurs qui donnent de la hauteur avant de laisser aux oiseaux, revenus peupler la nature, le soin d'annoncer un nouveau cycle.
Assez varié sans perdre de son homogénéité, Celestial présente un Mantra qui ne cherche pas la facilité et propose de nombreuses petites idées sans perdre celle d'un tout cohérent. C'est un album particulièrement exigeant, qui ne peut s'écouter sans un maximum d'attention mais qu'il est plaisant d'y passer du temps.
Dernier quart de Celestial, Summer boucle la boucle et nous emmène vers l'hiver avec chaleur et douceur pour débuter puis, mesure après mesure, l'atmosphère se charge, le ton se fait plus dur, le vent se lève et l'orage finit par tonner. Très prog', "Transcendence" mêle un chant rock, des riffs tournoyants un peu matheux, des passages plus sombres, s'offre des pauses dans le récit mais, contrairement à "Home", on ne se perd jamais, la guitare (quel son !) nous sert de repère pour nous mener au-delà. C'est beau et réussi ! Tout comme "Celestial" à l'introduction soignée, tant par le chant mélodieux que par les petites notes lumineuses qui viennent caresser nos oreilles. Un accord plus lourd vient rompre le charme, Mantra gagne en intensité, métallise rudement son propos par les instruments qui semblent peu à peu perdre le contrôle. Un peu de poids rythmique et les mots redressent la machine et la dirige vers une fin plus heureuse avec des chœurs qui donnent de la hauteur avant de laisser aux oiseaux le soin de clore le chapitre. Ce sont donc deux titres riches et bien charpentés qui achèvent une œuvre découpée dont on va maintenant pouvoir profiter intégralement.
A la fin de Winter, j'évoquais de potentielles faiblesses à venir, et sans vouloir m'auto-satisfaire de cette vue nostradamusienne, ce Spring est la saison la moins intéressante des quatre. Ce n'est qu'un seul titre, "Home", il s'étire sur plus de quinze minutes et malgré des variations et de nombreuses idées, je ne suis pas complètement rentré dedans. Assez peu metal dans l'ensemble, Mantra juxtapose des parties très claires, une guitare orientale, un chant saccadé, un autre presque en spoken word, une grosse rupture, une ambiance religieuse et un final assez grandiloquent. Certes, le titre porte une histoire et se veut certainement un point central de l'opus, mais cela manque de liant, d'un gimmick qui assure une continuité entre ces éléments disparates... Ou alors, il aurait fallu découper la pièce en deux ou trois pour qu'on en comprenne mieux les contours. L'idée de sortir 4 EPs avant l'album est une bonne idée car cela maintient le groupe dans l'actualité toute l'année et ça nous permet d'être bien focus sur quelques titres, mais quand il n'y en a qu'un seul et qu'il nous plait moyennement, il passe vite à la trappe. Il pourrait même donner une image tronquée du groupe à celui qui n'écouterait que cette partie... Par chance, on m'a livré Summer en même temps et j'y suis rapidement passé pour me délecter de cette fin de cycle.
La deuxième saison de l'année de Mantra est plutôt froide puisque c'est l'hiver. Mais dès le début de "Isolation", à la rudesse d'un rythme assez saccadé, le groupe oppose la douceur du chant. On se retrouve à se lover contre les mots, à se réchauffer auprès de sensations qui rappellent Tool et pourquoi pas A Perfect Circle. Et si le ton se durcit par la suite, à l'initiative de guitares particulièrement agressives, on reste blotti sur la voix. Claire et lumineuse, elle nous encourage à prendre nos distances sur l'aérien "Vessel" qui fait face lui aussi à quelques attaques comme ces riffs qui viennent grêler nos oreilles et ces frappes qui transforment un espace mesuré en chaos d'où, encore, le chant essaye de nous exfiltrer. La nature qui nous environne n'est pas forcément rassurante, mais c'est le dernier contact qu'on a avec ce Winter qui s'éteint dans un long souffle de vent quasi silencieux qui force l'attention. Il nous faut désormais attendre l'équinoxe de printemps pour découvrir la suite de Celestial, une œuvre globale qui aura peut-être quelques faiblesses, mais qui pour le moment présente surtout de jolies forces.
Après avoir scindé en deux son album Medium (une part "Body" et une autre "Mind"), Mantra se coupe en quatre pour correspondre aux saisons et à la pratique de plus en plus courante "d'occuper le terrain". Sortir plusieurs EPs et finalement les réunir sur un album (Celestial) permet de faire parler de soi sur une plus longue période, de focaliser l'attention sur moins de titres, de multiplier les concerts (4 ou 5 "release partys" ?) et pourquoi pas d'augmenter son audience. Sur les trois prochains changements de saison (solstices ou équinoxe), on pourra découvrir la suite, prometteuse, de ce Fall.
Trois titres pour cette livraison inaugurale et des chœurs pour lancer "Messenger", à l'ambiance un peu mystique succèdent des sonorités plus terre à terre avec une basse bien sourde qui vient contrebalancer les guitares jusque là plutôt lumineuses. Le chant ne cherche pas trop à suivre une mélodie, il se fractionne et se fait parfois très hargneux pour suivre un riff longtemps martelé qui mène à un break plus léger. On se fait ainsi balader pendant 7 minutes sans trop savoir où on va. En tout cas, on arrive à "Illumination", plage qui débute avec beaucoup de clarté, les distorsions font l'impasse, la voix se détache, va chercher quelques mots dans les aigües, les six-cordes apportent de l'harmonie et quelques arrangements (encore des chœurs) apaisent le titre qui finit par mourir au piano. C'est classe et assez personnel, "Premonition" charme lui aussi mais se trouve être moins identifiable à "du Mantra" car la composition va largement piocher des idées chez Tool. Même si ce n'est pas pour me déplaire, c'est peut-être un peu trop, sur certains passages, on pourrait presque penser à une cover ! Bien sûr que la bande de MJK n'est pas dépositaire de tout ce qui ressemble à des riffs hypnotiques, des descentes de tomes et des petites notes de gratte, mais il y aurait de quoi faire bugger Shazam si la prod' était signée Joe Barresi ou David Bottrill. Je préfère donc quand cette influence, plus que respectable, émerge de manière moins évidente.
Même avec ce léger écart de conduite, Mantra ouvre un cycle enthousiasmant, surtout si chaque EP peut être musicalement assimilé à sa saison avec, pourquoi pas, un peu plus de rudesse pour "Winter" et de chaleur pour "Summer". Pour le savoir, il faudra attendre encore quelques mois et réécouter ce qui formera certainement un double album majestueux. On a rarement autant eu hâte d'être en hiver...
Premier album pour un groupe relativement discret jusqu'à présent en termes de discographie, avec "seulement" deux petites démos au compteur ainsi qu'un EP discrètement convaincant, Into the light marque la première incursion sur le terrain des albums long-formats de la part de Mantra, ce par le biais du jeune mais efficace label Finisterian Dead End. Une formation frenchy qui revendique haut et fort l'héritage des Gojira, Strapping Young Lad, Tool ou autres Mastodon dans son écriture et qui, malgré des influences potentiellement très encombrantes, démontre dès le titre inaugural de son album qu'elle a des choses à dire. Et sait y mettre les formes, ce jusqu'au (ténébreux) "Third mind" final.
"Toward the light" pose les bases d'un metal charnu et groovy aux effluves progressives affirmées, si bien que passées les premières secondes, Mantra accroche l'auditeur en envoyant les décibels, avant de distiller des mélodies planantes que ne renieraient certainement pas un Porcupine Tree. Car le butinage des tympans, le groupe sait faire, caresser les membranes auditives tout en douceur satinée et textures veloutées, il maîtrise aussi. En témoigne l'imposant "Call my name" tout en excellence pure et maestria formelle de tous les instants. Preuve également qu'un album du calibre de cet Into the light ne nécessite pas forcément des années d'expériences pour parvenir à un tel résultat, pour peu que ses auteurs aient les idées comme les qualités pratiques qui vont avec ("Reborn").
Une grosse démonstration de technicité qui sert à formaliser la crédibilité du groupe en la matière et rappelant au passage que les influences revendiquées plus haut ne sont aucunement galvaudées (toutes proportions gardées), Mantra s'offre un petit interlude ambient/doom/jazz/prog plutôt finement conçu ("Elevate") avant de remettre tout son cœur à l'ouvrage sur un "Tribal warming" à la fois intense et salvateur. Pas de défaut majeur dans la cuirasse de ce groupe qui signe un quasi sans faute avec son seulement (rappelons-le à toutes fins utiles) premier album, "One" puis "The voice of creation" tendent à confirmer l'impression générale. A savoir que malgré un léger déficit de puissance, quelques murs de sons prog-métalliques qui auraient gagné à être plus infranchissables qu'ils ne le sont en l'état et plus de variétés dans les approches vocales, Into the light est un excellent opus inaugural signé de la main et des riffs d'un groupe qui vient ici de s'ouvrir un avenir créatif probablement radieux.
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