Manimal - Multiplicity On savait les Manimal un peu tarés, même eux ne s'en cachent plus puisqu'ils exposent au grand jour leur schizophrénie sur Multiplicity. Leurs différentes personnalités s'expriment tour à tour sans qu'on puisse aisément trouver des explications aux prénoms donnés aux titres... Chacun pouvant y voir des signes explicatifs divers et variés, les seules choses qui sont certaines sont que le groupe avait déjà joué à ce petit jeu sur Succube avec des titres de films et que le seul prénom féminin ("Laura") est dû à la présence de Lussi (MyPollux, Lussi in the Sky). Elle comme Ludo (ex-membre et actuel Leiden sur "Edmond") sont invités sur un morceau alors que le guitariste Julian (également chez Dwail) est lui venu renforcer le combo pour cet ultime opus puisque Vidda a tenu à se libérer de la compagnie de son animal.

Multiplicity, c'est 9 compositions, 9 visages, 9 personnalités, 9 façons de faire du métal, 9 prénoms qui sont autant d'ambiance peu évidentes à décrire par des mots pour qui n'est pas familier du style Manimal... Le premier, "Michael", une fois branchés les jacks, sonne et nous ouvre les portes d'un univers maëlstromique qui envoie les cheveux derrière les oreilles et fait fondre le cérumen. Break cinglant, démarrage vrombissant, c'est un "Nicholas" machiavélique qui s'offre à nous avec ce chant à la fois séducteur et destructeur mais aussi des grattes éclairées qui ne sont pas sans rappeler Psykup. Après un murmure, "Ben" hurle son message, là encore, le chant est multiple (ça plaira aux fans de SOAD), le tempo complètement brisé jusqu'au silence qui amène sur scène "Corey" et son rythme matraqué qui élève la densité lors de quelques passages fracassants. "Christian" dope leur folie tourbillonaire et ses fameux riffs qui nous font boîter le cerveau... C'est ensuite avec Lussi et "Laura" que les Manimal s'mettent sur la gueule, si tu espérais un peu de douceur, tu repasseras... "Franck" et ses quelques moments lents, part dans tous les sens, il est vraiment difficile à suivre, c'est certainement le profil le moins évident de la galerie... C'est moins compliqué avec le taureau Scottie qui nous smashe la tronche et nous rosse tant et si bien qu'"Edmond" la joue pépère et balade acoustique au bord de la folie... douce et dure.

Cet album est (a priori) le dernier du groupe qui a décidé d'arrêter ses aventures après une dernière tournée (à la vôtre) même si à l'écoute de ce Multiplicity, on regrette encore davantage cette décision. Les Manimal ont toujours eu une liberté absolue, on se voit mal leur demander de continuer à produire un aussi bon métal rien parce que ça fait du bien à nos oreilles. Non, on va juste leur dire deux mots assez proches : merci (pour tout) et merde (pour le reste).