Made Out Of Babies: The Ruiner Après deux albums sur Neurot Recordings (Neurosis, Red Sparowes), Made Out Of Babies sort son troisième album sur le non moins respectable The End Records (J2, Mindless Self Indulgence, Stolen Babies). Avec toujours Julis Christmas (Battle Of Mice) au chant, chant qui est un peu plus incisif que sur son autre projet, le guitariste Brendan Tobin (également au sein de Red Sparowes), le bassiste Cooper (Pigs) et enfin Matthew Egan (Clean Teeth) à la batterie. The ruiner est un album qui part en orbite et effectue un alunissage parfait.
Neuf titres explosifs pour cet album massif, à la densité du planètoïde du livret, neuf titres presque parfaits et aucun faux pas. Made Out Of Babies démarre sur les chapeaux de roues avec le trio "Cooker", "Grimace" et "Invisible ink", déluge de guitares, grosse rythmique entraînante, peu ou pas de répit, une guitare qui fait feu de tout bois, une basse qui sature et dégouline, les pédo-frankensteins délivrent des titres violents et corrosifs. "Cooker" s'embrase avec rapidité, ne laissant que ruines fumantes sur son passage, quand ce n'est pas la guitare qui s'énerve, c'est Julie Christmas. A l'opposé "Invisible ink" se fait plus mélodique, un gros groove à la basse, une mélodie par paliers, on s'attendrait presque à un contrepoint, mais point de baroque pour le quatuor de Brooklyn qui fait mouche à chaque fois avec son barillet à neuf coups. "Grimace" s'envole dans les limbes sans demander son reste, une guitare légèrement introspective, une basse qui déchire tout sur sa route, saturation, acharnement et dévotion, l'ensemble est suspendu aux lèvres de Julie et de sa mélodie, une batterie qui met de l'huile sur le feu, un titre rapide mais où le tempo semble également suspendu.
Après cette démonstration de force, "The major" est là effrayer et inquiéter, un sermon avec petit un petit côté trip-hop, le tempo en plus, et des guitares lourdes et cataclysmiques qui jouent sur le contraste avec les cris haut-perchés de la chanteuse. Pour éventuellement calmer les esprits échauffés, ne serait-ce que par sa guitare acoustique, "Buffalo" et sa randonnée sonore offre un break sur un album entre montagne et roulette russe. "Stranger" serait le titre qui se rapprocherait le plus de Battle Of Mice, guitare aérienne, basse entêtante, sans cette soudaine rage qui surgit avec toute la violence de son annonce surprise.
Made Out Of Babies reprend alors son feu nourri avec un malin plaisir sur un "Bunny boots" antologique, qui fleurte du côté de Stolen Babies, barrage sonore, saturation malsaine, destruction chirurgicale, une intro innocente avec une guitare hypotonique et hypnotique, une basse qui vient accentuer le malaise avant un déluge admirable, malgré le sol qui se dérobe sous leurs pieds avec ses accords lourds et graves en rangs serrés, le groupe propulse une mélodie vibrante.
Pour finir cet album dantesque, le furieux et très punk "How to get bigger" ferme la marche, titre qui ne doit son salut que grâce à sa seconde partie, rythmique plus lente, des guitares qui se replient sur elles-mêmes, avec magie, If not we'll all go down together, une voix à fleur de peau, mélodie fragile, boucle mélodique, basse saturée, ad libitum...