Lionheart - The will to survive Initialement paru chez Still Born Records en 2007, le label de Jamey Jasta (leader de Hatebreed, Kingdom of Sorrow...), The will to survive traverse l'Atlantique et débarque en Europe dans une édition "spéciale" avec le concours du label estampillé "hardcore" sur le vieux continent : la référence I Scream Records (Agnostic Front, Madball tout de même...). Et pour mieux appâter le chaland, ils en ont profité pour ajouter l'EP qu'avait sorti le groupe en 2006 (This means war). Le tout pour quelques 17 morceaux et 43 minutes de catapultage musical labellisé HxC/metalcore US.
On prend donc les choses dans l'ordre chronologique et on commence par l'EP. Premier titre avec "Buried alive", lequel met en deux mots les choses au clair. Brut, compact, primaire, le hardcore des américains ne s'embarrasse pas de futilités pour foncer droit dans le tas et balancer son gros son en pleine gueule. Problème en guise de gros son justement, la prod est encore un peu "light" pour vraiment exploser les enceintes. Par contre, l'efficacité est déjà là et on se dit alors qu'à ce rythme, ce groupe a peut-être quelque chose à faire sur la longueur avec une prod digne de ce nom. On poursuit notre dépeçage rédactionnel en même temps que les Lionheart nous charcutent les membranes auditives avec "Calling you out" puis "It's too late". Du HxC viril qui abuse un peu des clichés du genre ("What doesn't kill you", "I'm already dead") mais sans pour autant oublier d'être efficace ("This means war"). Refrains guerriers de rigueur, cargaison de riffs chargé à l'arrière du monster-truck, après six titres, Lionheart n'invente rien, laboure des sillons musicaux largement empruntés mais le fait avec une certaine maîtrise de son sujet. On n'est pas loin d'accrocher. A revoir donc...
Par chance, voir le groupe passer le rattrapage de son examen de passage ne prend guère de temps puisque que la sortie suivante et sur la même galette. Un album composé de onze nouveaux titres chargés de faire vibrer le percuteur. En mode sniper, le groupe arrose les tympans avec une précision diabolique et cette fois, une prod à la hauteur. "Wasteland", "No way out", "With honor", le groupe empile les chargeurs et c'est une véritable pluie de douilles qui s'abat alors sur un auditeur bien heureux d'avoir blindé ses écoutilles au Kevlar. Et pourtant, à coup de riff performant, et de double pédale à fragmentation ("FIlled with hate", "Hard times"), Lionheart tend à démontrer qu'il est un peu plus qu'un simple clone de Hatebreed et finit par annihiler sa cible. Sans être pour autant un foudre de guerre chargé de poser de nouvelles fondations au mouvement hardcore, le groupe se sort de l'épreuve du premier album avec puissance et application. Plutôt pas mal...