Lies Au terme d'une intro un peu trop longue, parfois grandiloquente et souvent kitsch, on se dit que Lies ne s'annonce pas comme la météorite attendue, pourtant mise en orbite il y a tout juste un an et déjà en support de tournée européenne pour un groupe du calibre d'Ektomorf. Et pourtant, avec un album éponyme comme argument de base, le quartet frenchy a de très solides atouts à faire valoir. Ne serait-ce que sur le final du morceau inaugural ("World of lies"), sévèrement burné et énergique, qui, s'il ne casse pas encore trois pattes à un canard, mérite qu'on accorde une chance au groupe. Une poignée de samples, quelques gros riffs nu-rock/metal alternatif plus tard et des ascendances à aller chercher du côté de KoRn et de toute la déferlante néo-metal de l'avant-dernière décennie, voici que "Rictus" vient tamponner les enceintes bien comme il faut. Instrumentalement, bien que ce soit donc un peu sous influence, ça reste plus que solide et comme niveau mélodie, les Lies assurent, le résultat est fatalement bien carton : "777" et sa mécanique parfaitement rodée ou "Falling head" et son flow salvateur sonnent très 90's, quelques séquences électroniques venant assaisonner les riffs néo et le chant rocailleux à souhait. On l'aura compris, s'il n'est pas l'album le plus innovant du moment, Lies n'en reste pas moins un disque bien charpenté, nappé de quelques bonnes idées (les passages progressifs sur "Escape", les atmosphères de "S" malgré un final un peu bancal) et surtout très bien exécuté. Pour un premier effort, c'est là une jolie surprise saupoudrée de quelques ambiances rock/électro extrêmement soignées ("Panzer's paradise") avec en prime un ou deux petits singles (dont le tube "Pornography") qui turbinent dans les enceintes à la manière d'un Holophonics... du reste hébergé sur le même label (M& O Music NDR) qui a décidément du flair en la matière. Une découverte, à l'image de son dernier titre que l'on espère pas trop prémonitoire : "Love fast die young".