lethvm L'actualité, c'est le confinement, qu'est-ce que ça change dans la vie du groupe ?
Vincent : Le confinement impose le fait qu'on ne puisse malheureusement plus répéter, ni simplement se voir. Le second gros impact est l'annulation ou le report de plusieurs dates qui nous tenaient vraiment à cœur. On est actuellement dans l'attente concernant le déroulement de la suite de l'année... Un peu comme tout le monde...

Vous venez de sortir un album, vous allez de nouveau composer en étant enfermé ?
V : Nous avions déjà recommencé depuis quelques semaines à composer. Ce processus étant généralement plutôt long, il est important de ne pas se reposer trop longtemps. Il faut également penser que l'album est sorti en octobre 2019, mais l'enregistrement s'est fait au mois de mai et cela fait donc déjà un bon moment que nous jouons ces morceaux. Pour l'instant, les circonstances nous imposent de composer chacun de notre côté. Nous sommes impatients de retourner en répète et faire vibrer toutes ces idées.

Vous jouez avec des logiciels pour vous accompagner ?
V : Non, tout est créé en live.

Qu'est-ce qui vous manque le plus dans les répéts ?
Tony : La bière bien sur ! Discuter d'arrangements est toujours plus facile lorsqu'on est réuni. Ensuite il n'y a rien de tel que de faire prendre vie à un morceau créé sur papier.
V : Le gros son. Le moment où l'on joue un morceau et qu'au même moment on se regarde tous en souriant après avoir ressenti qu'il y a eu quelque chose qui se passait.

Vous démarchez encore les salles pour plus tard ?
T : C'est assez compliqué de démarcher lorsque tout est à l'arrêt, sans savoir réellement quand les rassemblement public seront à nouveau autorisés. Dans un premier temps, on espère que certains festivals de cet été pourront être reprogrammé plus tard cette année.

Le Durbuy Rock a été reporté à septembre, un festival comme Dour ne pourra pas être reporté, vous craignez une annulation comme pour le dunk!festival ?
V : Ouais, le dunk!festival a déjà été annulé... Nous espérons que le festival de Dour ne subira pas le même sort, mais nous ne nous faisons pas trop d'illusions...

Parmi la belle liste de groupes de ce Avant-Garde Metal Day comme Cult of Luna, AmenRa ou Regarde Les Hommes Tomber, quel est celui dont vous ne voulez pas rater le concert ?
T : Tout est a mettre au conditionnel mais j'irai évidement voir les grands Patrons. Par contre je n'ai pas encore eu la chance de voir Hangman's Chair en live donc je suis vraiment impatient de découvrir leur collaboration avec RLHT.
V : Cult of Luna... et Lorenzo (rires)

Ce confinement, c'est l'occasion de réécouter de la musique, quels albums avez-vous pu réécouter ?
V : Le nouveau Code Orange, Eternal forward motion de Employed to Serve, My Diligence...
T : Je ne me suis pas replongé dans de vieux albums, j'ai un peu approfondi dans la discographie de Full of Hell. Ma copine écoute beaucoup de OM en ce moment; donc OM.

Lethvm - Acedia Où avez-vous retrouvé le mot acédie qu'on n'emploie pas tous les jours ?
T : Lors de recherches en prévision de l'écriture de l'album nous étions tombés sur des textes faisant référence à l'acédie. Après approfondissements, cette ligne directrice a fait pas mal écho en nous.

Ce terme a vu son sens changer avec le temps, auquel donnez-vous le plus d'importance ?
T : Le sens religieux. Que nous détournons, mais la référence monastique était très grande. A l'instar de la religion catholique qui la condamne, nous voulions sanctifier l'Acédie à notre manière. Dans l'artwork, cette nonne de verre en est l'incarnation

Le repli sur soi ou l'état dépressif, c'est raccord avec l'actualité, elle pourrait être source d'inspiration ?
V : Je ne pense pas. Ce confinement, quand on le pense manière global, n'est un repli sur soi, mais plutôt un grand mouvement sociétal et social. Personnellement, je ne le vois pas comme quelque chose de négatif. C'est un bel élan pur que la vie puisse reprendre. Ces villes vidées de leur agitation, leur redonne une nouvelle beauté, une certaine poésie. Par contre, sortir du quotidien, de la routine et avoir du temps pour penser, pour s'ennuyer ne peut qu'avoir un impact positif sur la musique.

L'artwork est très réussi, il est signé Dehn Sora, vous l'avez connu via AmenRa ou autrement ?
T : Je connais son travail depuis plusieurs années avec des projets comme Sembler Deah, Treha Sektori ou Throane. Musicalement et visuellement, le personnage a une très forte identité. Je sentais qu'entre nos envies et son univers, il pouvait se passer des choses intéressantes.

Il a eu carte blanche ? Comment s'est passée cette collaboration ?
T : Nous lui avons donné quelques directives artistiques mais dans l'ensemble nous lui avons laissé une grande liberté d'exécution. Il nous envoyait la progression de son travail, nous lui faisions part de nos commentaires. C'était vraiment un grand plaisir de pouvoir travailler avec lui.

Deadlight Records vient d'annoncer la fin de ses activités, un petit mot pour eux ?
V : Deadlight Records nous avait prévenu il y a plusieurs mois de son arrêt prochain. C'est notamment pour ça qu'ils n'avaient pas pu assurer la sortie de notre nouvel album. Nous le remercions bien entendu pour le travail fourni pour notre premier album et également pour les belles découvertes qu'on a faites via le label... on pense notamment à Cult of Occult.

Acedia est autoproduit ?
V : Non, Acedia n'est pas une autoproduction, nous avons sorti une version vinyle via Dunk!records et une version cassette via Denses Records comme pour le premier album. I For Us Records s'est de son côté occupé de la version CD digipak.

Le premier truc que vous allez faire après le confinement ?
V : Aller voir des concerts et boire des verres.
T : Jouer, aller voir mes potes et boire des shots. Evidemment !