Lento - Live Recording 8.10.11 Icon by Lento sur CD, c'était quelque chose d'irrémédiablement lourd, puissant et addictif. En live, il fallait voir le groupe pour le croire... sauf que celui-ci se faisant assez rare dans certaines parties d'Europe, il était donc nécessaire d'attendre un hypothétique enregistrement live pour se rendre de l'intensité du "truc" en "vrai". Mais comme chez Denovali Records, rien ne semble être bien impossible, voici donc un concert sobrement baptisé Live Recording 8.10.11 couché sur CD et vinyle... parce que Lento en live, c'est réellement monumental si l'on en croit ce que l'on entend. Et si le groupe italien n'interprète pas ici l'intégralité d'Icon mais un set des plus massif et aussi organique que cohérent, c'est sans doute pour mieux retranscrire ce qu'il est sur scène.

Soit un véritable mastodonte sludge/post-metal façon à la manière d'un "Cult of Luna meets Mare meets Sleep" dont le riffing, éléphantesque et charbonneux engendre chaos et destruction sensorielle. Un véritable déluge de décibels et des coups de boutoirs instrumentaux qui éparpillent les miettes aux quatre coins de la salle. Depuis le confort de notre petit bureau, on a l'impression que le sol s'ouvre sous nos pieds et que l'avalanche n'est pas prête de s'interrompre, quitte à nous ensevelir sous des kilotonnes d'un post-sludge complètement dément. Et si les deux premiers pièces interprétées en live que sont "Icon" et "Earth" posent déjà largement le sujet : "Hymen" déchire littéralement les membranes auditives pour imposer sa griffe d'ours. Un rouleau-compresseur qui étouffe toute velléité de fuite et marque au fer rouge un auditeur qui a alors l'impression de se prendre une montagne sur le coin de la figure.

"Still", "Need" puis enfin "Vault", les rochers post-métalliques continuent de s'enfoncer dans notre crâne alors même que l'on a les pieds solidement enfoncé dans un magma sludge de plus en plus prégnant. Alors, toujours impitoyable, Lento poursuit son entreprise de démolition auditive et émotionnelle. Deux derniers titres pour la route histoire de définitivement parachever son oeuvre ("Hadrons", "Least") et le cinq majeur italien peut remiser ses instruments en coulisses, au terme d'une séance de quelques quarante minutes d'une épreuve de force absolument monumentale. Et le pire, dans tout ça, c'est sans doute que même si on savait que sur CD (donc dans des conditions d'enregistrements et de production optimales) ça balançait les maraves par palettes, là, même s'il est toujours extrêmement difficile dans ce registre d'avoir quelque chose d'aussi limpide et en même temps fracassant, le rendu live est proprement monstrueux.