Lamb Of God - Wrath Sur le toit du monde après l'interminable tournée de Sacrament, Lamb Of God n'avait quasiment plus rien à prouver. En live, le combo a fait lever des foules entières et a ouvert pour les groupes les plus prestigieux, Megadeth et Metallica en tête. En entrant une nouvelle fois dans le top 10 du Billboard, les Américains ont prouvé que le metal se vendait mieux que Britney Spears, ne serait-ce qu'outre Atlantique. Car en Europe sa notoriété reste trop confidentielle, cantonnant le quintet à des salles comme le Trabendo à Paris. Mine de rien, en quatre albums, Lamb Of God s'est imposé comme la face publique du metal actuel, fer de lance de la New Wave of American Heavy Metal.
Après Machine sur Ashes of the wake et Sacrament, le groupe s'est attaché les services de Josh Wilbur, trentenaire responsable notamment du son de ... Pink, Avenged Sevefold ou Limp Bizkit. Bref, il y a de quoi réserver une concession au cimetière du coin. Mais la première surprise de cet album est ce son poisseux, rugueux, à l'opposé d'un Sacrament presque chirurgical. N'empêche, avoir le bon son n'inclut pas d'avoir les meilleures idées. À l'image de Ride the lightning, Lamb Of God donne pour la première fois dans les intros orchestrées, sans toutefois tomber dans le travers de la ballade. "The passing", à défaut d'être intrinsèquement exceptionnelle, est une magnifique introduction pour "In your words", dose concentrée d'énergie. On reconnaîtra à coups sûrs les éléments imperturbables du son des Américains tout au long de l'album : "Dead seeds", "Everything to nothing" sont à élever au rang de standards, alors que le jouissif "Contractor" repêche les influences punk-hardcore du groupe (et dieu que c'est bon !). La complexité des riffs fait un pas en arrière pour se focaliser sur les progressions à tendance mélodico-aériennes, en témoigne la seconde partie de titres comme "In your words" ou "Fake messiah". À cette évolution marquante du son Lamb Of God, il faut ajouter l'apparition d'introductions acoustiques ("Grace", "Reclamation"). Et c'est là la grande nouveauté qu'avance Wrath, des orchestrations certes recherchées mais qui font descendre la pression d'un cran par rapport à la discographie passée du groupe. On gagne en visibilité, mais on perd de cette furie de riffs qui assommait l'auditeur jusqu'à la dernière seconde. Wrath au contraire se termine "en douceur" avec "Reclamation", plus de 7 minutes assez aériennes couplées à un break qui remet un peu de rythme dans la machine. Finalement on sent le groupe presque en roue libre, faisant de Wrath l'album le moins stimulant de leur discographie.
Wrath est néanmoins un excellent album, mais se démarque franchement de ce que le groupe a pu proposer les dernières années. Pour ceux qui ont aimé Sacrament, Wrath en sera la suite logique et plus que réussie. Quant aux fans de la première heure et des folies furieuses que sont As the palaces burn ou Ashes of the wake, ce nouveau méfait aura un goût amèrement différent.