Lacuna Coil

Biographie > spirale vide

Lacuna Coil fait partie du paysage métal remarquable depuis le milieu des années 90 (ils s'appelaient alors Sleep of Right), ils ont pour eux deux atouts essentiels : Cristina et Milan. Et oui, être italien est plutôt une bonne chose, ça donne le change aux ricains et être bien installé dans son pays aide pour aller à la conquête de l'Europe... Leut autre atout, c'est Cristina, une chanteuse aux charmes multiples mais il nous faudra se contenter de sa voix (aux dernières rumeurs, elle sort avec James Root, guitariste de Slipknot/Stone Sour !), aujourd'hui, ce sont Andrea (chant), Maus et Chris (guitares), Marco (basse, samples) et Criz (batterie) encadrent Cristina. A ses débuts, le groupe joue sur le double chant féminin clair/masculin sombre à l'instar des premiers The Gathering, il enregistre un EP éponyme en 98 et fait sa première tournée européenne en compagne de Moonspell. S'en suivront plusieurs albums : In a reverie (1999), Unleashed memories (2001) et Comalies (2002). Les italiens mettent le monde à leurs pieds, participant à de nombreuses compilations (BO de films, jeux vidéos, ...) et à plusieurs grosses tournées dont le Ozzfest (2004 et 2006). Enregistré en février-mars 2005, leur quatrième album, Karmacode, sort le 31 mars 2006.

Lacuna Coil / Chronique LP > Sleepless empire

Lacuna Coil-Sleepless empire Avec Sleepless empire, Lacuna Coil signe un album dense, cinématographique, profondément ancré dans son époque. Dixième opus studio du groupe milanais, ce disque prolonge la réinvention opérée sur Comalies XX en 2022. Cette relecture de leur album culte a agi comme un électrochoc créatif, permettant au groupe de renouer avec ses racines tout en projetant son identité vers l'avenir. C'est Marco Coti Zelati, alias Maki, bassiste et principal compositeur, qui insuffle à l'album sa dimension immersive. Grand amateur de bandes originales, il s'inspire autant d'Hans Zimmer que des ambiances de films d'horreur culte comme "Halloween" ou des œuvres du groupe Goblin. Résultat : une atmosphère dramatique, quasi cinématographique, qui irrigue tout l'album. Les orchestrations, les nappes électroniques, les effets sonores concourent à créer un véritable univers, sombre et captivant.

Dès "The siege", l'ouverture donne le ton : riffs lourds, tension constante, dramaturgie sonore. "I wish you were dead" marque par son refrain entêtant, et "Sleepless empire", morceau-titre, condense parfaitement l'esthétique du disque : une alchimie entre force brute, mélodies gothiques et production ultra soignée. Le groupe s'offre aussi deux collaborations bien senties. Sur "In the mean time", Ash Costello (New Years Day) ajoute sa voix rugueuse à celle de Cristina Scabbia. Sur "Hosting the shadow", c'est Randy Blythe (Lamb Of God) qui apporte une intensité féroce, rappelant les liens fraternels tissés depuis leur tournée commune à l'Ozzfest 2004. Ces invités s'intègrent parfaitement à l'univers du groupe, sans jamais en dénaturer l'essence.

Au cœur du disque, une thématique forte : celle d'un monde insomniaque, hyperconnecté, en perte de repères. Andrea Ferro, chanteur, évoque une société où le sommeil devient une lutte, où l'attention est sans cesse sollicitée. Cristina Scabbia, de son côté, évoque l'impact de la pandémie sur leur créativité. C'est avec Comalies XX qu'ils ont retrouvé l'envie, et Sleepless Empire en est le fruit direct. Sans renier ses racines gothiques et metal, Lacuna Coil embrasse pleinement la modernité, à l'image de groupes comme Spiritbox ou Sleep Token, capables de redéfinir les codes du genre sans les trahir. Cet album se classe en haut de leur discographie sans être sur le podium, mais le groupe aura toujours une place spéciale dans mon cœur depuis plus de 20 ans. Il ne me reste plus qu'à les voir sur scène... enfin.

Publié dans le Mag #66

Lacuna Coil / Chronique LP > Karmacode

lacuna coil : karmacode Aprés s'être imposés auprès d'un large public, les Lacuna Coil étaient attendus au croisement : continuer tout droit ? Prendre la direction du mainstream Evanescence ? Ralentir les tempos style The Gathering ?
Les Italiens négocient finalement un léger virage vers plus de mélodies accrocheuses sans pour autant négliger leur lourd passif métal. Karmacode abrite quelques titres pas vraiment inspirés (soit trop mellow comme "Fragile", soit métalliquement corrects comme "Fragments of faith") ou qui laissent un arrière-goût particulier comme s'ils avaient voulu mettre trop de groove et de jolies mélodies ("To the edge"). Dans l'ensemble la beauté gothique et les ambiances malsaines, même lissées par la production, font de Karmacode un bon album, après le single "Our truth" et sa fin étrange, on attaque le coeur de l'opus et le double chant est alors utilisé à merveille, que ce soit sur le calme et acoustique "Within me" ou sur l'ennivrant "Devoted". L'interlude chanté "You create" est assez classe et sert de rampe de lancement à "What I see" dont la rythmique simple et ultra efficace amène un refrain accrocheur comme pas permis, un titre auquel il est difficile de résister... Dans la même veine on a un peu plus tard "In visible light" qui joue lui aussi sur les harmonies et la douceur pour nous charmer. Les deux derniers titres de la galette exigent qu'on parle un peu d'eux, "Without fear" étant, comme son titre ne l'indique pas, essentiellement chanté en italien, une langue qui sonne très bien... Le dernier n'est autre que le somptueux "Enjoy the silence" de Depeche Mode Lacuna Coilisé, la dynamique indéstructible du tube et la voix de Cristina procurant de jolis frissons.
En bonus, le CD offre une partie multimedia avec des photos, le clip (pas original pour deux lires) de "Our truth" et un petit film "An on the road movie" où l'on retrouve le groupe à travers le monde (enregistrement, voyage, dédicace, live, backstage, crevaison...). Une valeur ajoutée à l'objet CD, tout comme le livret et sa petite astuce...