Kylesa @ Roubaix Kylesa @ Roubaix Kylesa qui débarque à Roubaix, c'était encore du domaine du rêve pour pas mal de nordistes amateurs de musique burnée et c'est devenu une réalité ce dimanche soir de novembre : quand en plus l'affiche est joliement completée par un espoir de la scène local, The Lumberjack Feedback, et une belle découverte issu du pays natif de George Michael, Lucky Funeral, ça promet du lourd et cette lourdeur sera effectivement le fil rouge de la soirée. Laquelle commence d'ailleurs sur les chapeaux de roues avec le set de The Lumberjack Feedback : au menu, stoner-drone-doom-sludge instrumental vraiment très envoutant. Ces types là ont quelque chose d'intéressant à faire écouter et on n'en perdra pas une bouchée tant l'entame du set aura été captivante : riff pesant , ambiance mi-brumeuse mi-marécageuse, parfois des ouvertures vers quelque chose de plus aérien et subtil ouvrant la porte à un autre déluge de décibels. Le set aura malheureusement été infiniment court et il me tarde de pouvoir rejeter une oreille sur la formule hybride de The Lumberjack Feedback. A peine le temps de se jeter une bière à prix raisonnable dans le gosier et c'est Lucky Funeral qui démarre les hostilités : c'est surtout le chanteur à la corpulence et l'envergure impressionnante qui monopolise l'attention. Quand en plus le bonhomme a un charisme vocal digne d'un Phil Anselmo, c'est plus qu'il n'en faut pour être conquis et on ne peut que saluer l'organisation d'avoir eu à ce point le nez fin. D'autant plus que musicalement, ça tient la route du tonnerre et niveau puissance sonore, Lucky Funeral n'a rien à envier à leurs influences (Pantera, Down, les débuts de Nashville Pussy dixit Mr Glowsun). Le set passe à vitesse éclair et CD promo en poche, je peux vous dire qu'on aura bientôt plus de précisions à vous donner sur ce groupe. Malgré la notoriété acquise par la sueur et le talent, chez Kylesa, c'est DIY et les musiciens montent leur matos eux-même : quelques minutes de soundchecks et c'est parti pour un bon moment de metal-sludge-punk-crust (rayez la mention inutile). Gros déluges de sons, bucherons jouissant d'une présence assez appréciable à l'image du chanteur guitariste et de son t-shirt Bad Brains, publics et protagonistes ravis d'être là, les amateurs de Time will fuse its worth et Static tensions ont à coup sûr été séduits par la prestation du groupe à l'image de leur répertoire alliant puissance de feu, subtilités rythmiques (deux batteurs, ça aide...) et mélodiques. Le show se termine hélas, comme toutes les bonnes choses, beaucoup trop tôt avec l'assurance d'avoir eu affaire à un des groupes les plus intéressants de sa génération. Félicitations aux organisateurs pour ces beaux moments de musique et qui ont même pensé à planifier le concert suffisamment tôt pour pouvoir pratiquer les transports en commun sans trop de souci. L'hôtel de la musique est visiblement amené à devenir un incontournable des musiques agressives dans l'agglomération lilloise avec la venue de Karma To Burn en décembre et celle de Mumakil en janvier : bref, c'est encore du gros dossier qui nous attend à Roubaix...