Kruger, un groupe suisse interviewé par un webzine français sur une date anglaise, vous la voyez comment la mondialisation dans la musique ?
C'est un peu un hasard en fait, on pense que tout ce qui vient d'internet, des trucs comme MySpace permettent d'accroître la visibilité de petits groupes comme, comme Bossk. Donc ouais, la mondialisation, c'est pas forcément quelque chose de très heureux, mais dans le cadre de la musique, c'est pas si mal, ça permet à pas mal de groupes d'avoir une meilleure visibilité un peu partout quand ils sortent un disque. Il y a toujours des groupes qui connaissent d'autres groupes à gauche ou à droite et du coup, c'est beaucoup plus facile à promouvoir qu'il y a dix ans. Pour nous, c'est une bonne chose, on a pas mal tourné en France, en Belgique aussi et là on comment à se taper des tournées vraiment bonnardes comme là, ou avec Unsane précédemment.

Kruger Live au Purple Turtle Et du coup, pour cette tournée, comme ça s'est goupillé entre vous et Bossk ?
En fait, c'est assez sympa, le gars de notre label (Listenable Records) connaissait quelqu'un chez Eyes of Sound, le label de Bossk et après la sortie de notre album, leur manageur nous a contacté pour nous proposer de faire la tournée avec eux... sans qu'on n'ait rien à faire de spécial pour ça.

Là c'est la dernière date de la tournée, comment ça va se passer ?
Oui ça finit par Londres, c'est un peu la date importante mais on est un peu déphasé parce qu'on joue super tôt, mais même sur les autres shows, tout était bouclé, finit à 23h, alors qu'en Suisse à cette heure-là, le concert commence (rires), ça nous fait un drôle de rythme. En même temps là, c'est donc la der, on va rentrer chez nous, dormir sur un bon vieux plumard (de la mousse!!), manger quelque chose de bon (rires)

Et le dernier concert avant ça c'était comment ?
Bah ça s'est passé... c'était la découverte des conditions un petit peu roots de l'Angleterre dans un pub avec pas vraiment de soundchecks, un peu tout à l'arrache, là ça nous a un peu fait le cul. On a toujours l'habitude d'avoir des putains de loges, un super hôtel Formule 1... mais là, si seulement on avait eu un Formule 1... (rires) On nous avez dit "ouais les gars vous allez rigoler en Angleterre", effectivement, ça change. C'est assez punk, mais c'est cool de pouvoir faire ça, disons que ça forge le caractère. Niveau confort, c'est proche du néant et du coup, quand tu es sur scène tu ne te caches pas. T'as dormi au milieu des rats et des détritus (rires) alors t'es content d'envoyer du bois. Finalement c'est peut-être pour ça qu'il y a tellement de bons groupes ici, quand tu vois les conditions qui sont tellement roots par rapport à partout ailleurs en Europe... Bref on savait que ça allait être comme ça et du coup... ben c'était vraiment comme prévu putain... (rires). C'est raide mais on est toujours vivant.

Et sinon, il y a quoi de bon à écouter en ce moment par chez vous ?
Sludge (avec un membre de Samael dedans) qui est selon nous l'un des tous meilleurs groupes suisses, c'est signé chez le label danois. Pas mal de groupes post-machins, Kehlvin, Forceed, Vancouver... bon y a les HSE. Mumakil qui dépote... Mais c'est étrange parce qu'en Angleterre, t'as vraiment des groupes qui donnent tout ce qui ont, qui ne vivent que pour le rock, en Suisse, c'est un petit peu plus "petits bourgeois". Faut vraiment se bouger, tu ne peux pas faire que ça, t'es obligé d'avoir ton job à côté. Mais malgré ce petit côté un peu trop "confort", il y a quand même quelques bons trucs en Suisse.

Et sinon hors de Suisse
Blonde Redhead, Breach, Isis, Neurosis... on a le batteur qui écoute du grind ou du black en passant par Britney Spears... (rires). Les âges, les caractères et les goûts musicaux sont assez variés dans le groupe... T'as les vieux cons et les jeunes cools. (rires)
Oui ou les vieux cools et les pti's cons.

Comment vous voyez votre évolution musicale entre Cattle truck et Redemption through looseness
C'est mieux (rires). Non c'est vrai que c'est Cattle truck qui nous a fait découvrir, qui nous a permis de tourner, d'acquérir pas mal d'expérience et malgré tous les soucis de changement de line-up (un qui vient, qui part, qui reviens puis repart...), parfois c'était un peu le bordel mais je crois qu'on a essayé de prendre une nouvelle direction pas comme tous ces groupes commme Cult of Luna qui ont commencé par du gros hard qui chie pour s'orienter vers quelque chose de super aérien. Nous on voulait continuer à balancer le merdier, que ça soit, brutal, frontal, plus rentre-dedans, plus épique peut-être. On a vraiment pris plus de bouteille et on a cherché à faire quelque chose de plus efficace.

Comment ça se passe avec Listenable Records ?
Très très bien ! Le patron est franchement cool, il est aussi con que nous (rires), donc déjà on s'entend très très bien humainement. Laurent (le boss du label), est comme un gamin de 14 ans tellement il est enthousiaste mais en même temps très pro, ça doit faire douze ans que le label existe et même si on est pas vraiment dans le créneau du label, vu qu'il sort beaucoup de trucs qui arrachent la tête et qu'on est un peu les gentils de l'histoire, mais il a vraiment un bon réseau et c'est super cool de bosser avec lui. Tu sens vraiment que tu as une machine derrière avec des mecs super enthousiastes qui n'hésitent pas à mettre la main à la patte. Les deux premiers albums, c'était de l'autoprod où tu te démerdes et là c'est super agréable d'être pris en main et d'avoir des mecs qui font un bon boulot derrière.

Et vous avez des projets prévus, un nouvel album ou autre...
C'est encore un peu tôt pour l'instant entre les dates de concert où c'est un peu le boxon et la sortie de l'album on a pas trop pensé à ça, mais on va se remettre gentiment à composer, avec les deux/trois riffs, les deux/trois idées qu'on a en stock mais ce ne sera pas pour cette année, d'autant qu'on a des membres du groupe qui dégage quelques mois faire le couillon à Montréal pendant quelques mois alors on fera un petit break. Mais de toutes les façons on a encore envie de faire des choses avec cet album, on va le défendre en France, on va faire quelques trucs bon art comme au Roadburn Festival, au Hellfest et puis on passera à la suite.

Un truc à ajouter pour finir ?
C'est toujours compliqué le mot de la faim...
Mangez pas trop gras les enfants (rires) et lavez-vous les dents après avoir bu un coca...