Le black metal est propice aux sujets traitant des maladies mentales. L'anosognosie est un trouble neuropsychologique qui fait qu'un patient atteint d'une maladie ou d'un handicap ne semble pas avoir conscience de sa condition. Bien sûr, tout parallèle avec la société serait parfaitement fortuit. Les deux Lillois de Korsakov nous transportent dans un black metal atmosphérique, tortueux et mélancolique. On se retrouve vite plongé dans une mélancolie aliénante avec des riffs et un chant strident qui sont la matérialisation d'une douleur interne profonde. On est enfermé dans un labyrinthe sonore dont les murs sont marqués par l'empreinte des contradictions de la psyché des âmes perdues dans ce dédale. On flirte avec la folie. On va naviguer tout au long des compos de l'album dans le sombre, voyager avec les ombres, avec des moments lumineux et reposants, pleins de mélancolie. Ce deuxième album de Korsakov est très bien construit. Alternant avec douceur entre violence brute et douceur planante. On notera que certains morceaux sont plutôt courts, ce qui est plutôt rare dans le genre. Avec des inserts ambient, shoegaze ou post-metal, les Nordistes nous embarquent dans un voyage sensoriel avec des compositions foisonnantes d'idées, en réussissant à ne pas nous perdre. Le tout est parfaitement équilibré et accessible.
Publié dans le Mag #65



