Korsakov

Korsakov / Chronique LP > Anosognosia

Korsakov-LP Le black metal est propice aux sujets traitant des maladies mentales. L'anosognosie est un trouble neuropsychologique qui fait qu'un patient atteint d'une maladie ou d'un handicap ne semble pas avoir conscience de sa condition. Bien sûr, tout parallèle avec la société serait parfaitement fortuit. Les deux Lillois de Korsakov nous transportent dans un black metal atmosphérique, tortueux et mélancolique. On se retrouve vite plongé dans une mélancolie aliénante avec des riffs et un chant strident qui sont la matérialisation d'une douleur interne profonde. On est enfermé dans un labyrinthe sonore dont les murs sont marqués par l'empreinte des contradictions de la psyché des âmes perdues dans ce dédale. On flirte avec la folie. On va naviguer tout au long des compos de l'album dans le sombre, voyager avec les ombres, avec des moments lumineux et reposants, pleins de mélancolie. Ce deuxième album de Korsakov est très bien construit. Alternant avec douceur entre violence brute et douceur planante. On notera que certains morceaux sont plutôt courts, ce qui est plutôt rare dans le genre. Avec des inserts ambient, shoegaze ou post-metal, les Nordistes nous embarquent dans un voyage sensoriel avec des compositions foisonnantes d'idées, en réussissant à ne pas nous perdre. Le tout est parfaitement équilibré et accessible.

Publié dans le Mag #65

Korsakov / Chronique LP > погружать

korsakov - погружать Troubles de la mémoire, perte des repères et immersion dans des eaux troubles sans trop d'espoir de remonter à la surface, voilà le résumé de ce que nous propose le duo Korsakov pour son premier album. Un groupe aussi obscur que sa musique car on ne sait pas grand-chose d'eux si ce n'est qu'ils sont Lillois et ont une solide expérience métallique. Cachés sous les initiales A et E, les musiciens se partagent le travail, le premier compose toutes les musiques, le second met sa voix sur les instrumentaux, une voix qui porte des cris, des hurlements et des sons gutturaux plus que des textes. Selon les pistes (de "I" à "VI", là encore peu d'infos), on a des ambiances franchement black metal et d'autres plus éthérées qui peuvent être estampillées "post hard core", perso, c'est vers celles là que je reviens le plus facilement notamment la "III", véritable grand huit émotionnel où les guitares cisaillent une atmosphère épaisse mais pas aussi sombre que sur les titres où les riffs et les coups de butoir sont torrentiels. Sans les passages posés et les deux plages claires ("II" et "IV"), cet opus serait une expérience physique dont on ne sortirait pas indemne, grâce à ces moments, on survit à son écoute et on a même envie de s'y replonger.

Publié dans le Mag #49