Kongh prend la pause Kongh prend la pause Kongh est né il y a cinq ans maintenant, avec le recul, quelle était votre idée première au moment de fonder le groupe ?
Bah tu sais, le concept de base n'avait rien de bien extraordinaire en fait. Le groupe/projet n'était qu'une excuse pour Thomas (le batteur) et moi, pour jouer une musique qui soit vraiment heavy. En fait c'était surtout en réaction au fait que les groupes dans lesquels j'avais joué auparavant n'était pas vraiment dans le ton ou l'esprit de ce que je voulais vraiment faire au fond de moi. On a cherché des mecs avec qui ça pourrait coller, notamment en live, mais ce n'était pas tout à fait ça, alors ce que nous avons fait pour commencer simplement, c'est finalement de nous mettre à jouer, de manière aussi lente, heavy et puissante que possible. On est allé acheter des bières, on a éteint les lumières et on s'est mis à jammer pendant des heures, ça a été la première étape. C'est ensuite, au fil des jams et des répètes que notre vision du projet a commencé à prendre forme, pour aboutir à ce que nous sommes aujourd'hui...

Il y a maintenant quelques semaines que vous avez sorti votre nouvel album Shadows of the shapeless. Comment peux-tu décrire ce disque à quelqu'un qui n'a jamais écouté ce que vous faites. Comment vois-tu les différences entre celui-ci et son prédécesseur, Counting the heartbeats ?
Ce nouvel album est ce qui synthétise la vision que nous avons de Kongh, à savoir créer une musique épique et heavy qui soit sans compromis. Je décrirais ça comme un monstre sludge doom metal extrêmement versatile, mais avec tout plein de petits trucs en plus qui nous on inspiré. Je veux dire par là que nous sommes automatiquement influencé par la musique que nous écoutons. Nous n'avons aucunement peur d'expérimenter de nouvelles choses et je pense que c'est la somme de toutes ces ajouts qui fait ce qu'est Shadow of the shapeless.
Après pour te répondre, c'est assez difficile pour moi de comparer cet album avec le précédent, tout simplement parce que j'ai une vision globale de ce que nous faisons avec Kongh. et quelque part, je manque un peu de recul, alors je vous laisse faire ça vous les journalistes.

J'imagine qu'on t'a déjà posé mille fois la question mais pourquoi ce nom ? Je suppose que vous êtes des inconditionnels du film (le premier celui de 1933 peut-être ?) mais pourquoi ce "h" à la fin de "kong" ?
Tu as raison, le nom vient de là. C'est un incroyable personnage, le mec parfait pour donner son nom au groupe selon nous. Ce que tu ne sais pas c'est qu'au départ, notre nom c'était Kong sans le h et ce pendant pas mal de temps mais un jour, nous avons trouvé un autre groupe qui portrait le même patronyme dans les années 80 et au début des années 90 alors nous avons opté pour un "H" afin d'éviter toute confusion mais surtout souci juridique.

De manière générale, vos compositions sont assez longues, denses et varie au sein d'un même espace les mélodies, les tempi et les atmosphères. Comment vous organisez-vous pour composer, mettre en forme tout ça ? J'imagine que ça prend un certain temps du coup.
Parfaitement ! En général, le processus d'écriture est à la fois long. et complexe. J'ai un stock de riffs et d'idées en réserve pour Kongh, que ce soit dans ma tête ou archivés dans mon ordinateur. Mais l'écriture peut se dérouler de différentes manières. La plupart du temps, ça part d'un riff que j'apporte, que je propose aux autres. Mais ça peut-être un truc que nous créons dans l'instant, ensemble. Ensuite, nous jammons, expérimentons différents moyens de faire sonner tout ça, différentes structures etc,... Plus on joue ensemble à plus on pense de temps à créer quelque chose autours de cette idée de départ, sommes toutes assez simple, plus il nous vient d'idées et de fait, cela nous permet de développer peu à peu une composition, de trouver comment faire pour qu'elle sonne de la meilleure manière possible. Et comme je te le disais, c'est assez long et parfois compliqué. Par exemple, sur le dernier album, l'écriture d'un morceau comme "Voice of the below", a commencé début 2006 et n'a pas été terminé avant fin 2008. Pas mal de titres ont été écrits sur une période de 2/3 ans, d'autres simplement en l'espace de quelques mois. C'est assez différent selon les morceaux...

D'où puisez-vous l'inspiration pendant l'écriture ? Notamment en ce qui concerne les textes ?
Musicalement, tout simplement ce que nous écoutons et apprécions. Soit du rock des 60/70's au metal extrême d'aujourd'hui, en passant par les bande-originales de films d'horreur italiens des années 80. Nous écoutons vraiment des musiques assez variées et du coup, n'hésitons pas à expérimenter sur nouveaux morceaux. Mais sinon, nous sommes classiquement influences par les films que nous regardons, les gens que nous rencontrons, les lieux que nous visitions, nos expériences personnelles. Pour ce qui est des textes, ça vient de ce que j'ai à l'esprit, dans la tête à différents moment. Mais si tu veux vraiment les analyser, je dirais qu'elles sont très abstraites et ouvertes à l'interprétation de chacun.

Il se prend pour le king là ? Il se prend pour le king là ? Il y a pas mal de groupe qui n'aiment pas forcément que l'on fasse des comparaisons entre eux et d'autres groupes plus ou moins reconnus. Aussi, si j'écris là que Kongh sonne un peu comme Khanate, tu es ok avec ça ?
Je peux comprendre que quelqu'un considère que nous sonnons un peu comme Khanate. Même si, je dois bien l'avouer, ce n'est pas vraiment quelque chose que j'avais à l'esprit que ce soit avant, ou maintenant. Mais dans le fond, par rapport à un auditeur, je crois qu'il est très difficile pour un mec qui joue dans un groupe de juger si ce qu'il fait sonne ou pas comme un autre groupe.

Tu connais un peu quelques groupes français, comme HKY ou Overmars (ces-derniers ont d'ailleurs sorti un split avec vos compatriotes d'Icos) ? Je demande parce qu'ils sonnent quelques fois un peu comme Kongh ahah.
Ouais carrément, nous avons joué à Paris au tout début de l'année et nous avons eu l'occasion de partager une date avec HKY. Un excellent groupe et un son vraiment phénoménal, une sacrée intensité émotionnelle. Sinon j'ai vaguement entendu parler d'Overmars mais juste de loin. Faudrait que je jette une oreille sur ce qu'ils font à l'occasion.

Vous êtes signés chez Trust No One Recordings depuis vos débuts. J'imagine que ça doit faire quelque chose quand même de sortir vos disques sur un label qui s'est occupé avant vous de Breach, Candlemass, Old Man Gloom, Switchblade... ?
Oui. D'autant que nous avons nous-mêmes acheté et écouté pas mal de sorties du label avant d'être signé chez eux. Le courant passe vraiment entre nous et nous nous sentons vraiment à notre aise. Nous sommes en plus amis avec le boss du label (qui est du reste le batteur de Switchblade) donc il n'y a vraiment aucun souci, on est bien chez TNOR.

L'année dernière, vous avez sorti deux splits, l'un avec Ocean Chief, l'autre avec Witch-Lord, vous en avez d'autres en projets ?
Oui, justement, on en a un de prévu avec Switchblade, qui devrait selon toutes vraisemblances, voir le jour dans le courant de l'année prochaine.

Quels sont les disques ou groupes qui t'ont tout particulièrement marqué dernièrement ?
Anima Morte - Face the sea of darkness (du prog suédois avec un feeling très branché films d'horreur italien, tout ce que j'aime)
Cough - Sigillum Luciferi (ultra heavy sludge doom)
Ocean Chief - Den Förste (leur nouvel album, génial, comme d'habitude)
Switchblade - Switchblade 2009 (leur nouvel album. même chose !)

OK, bon maintenant passons à la question la plus importante de cette interview : c'est à propos des bières suédoise... Quelle est ta favorite ?
Faciiiiiiiile, c'est la Norrlands Guld. On pourrait la decrier comme l'Or d'Europe du Nord. Si tu en as l'occasion, n'hésite surtout pas, j'en bois toutes les semaines...

Quelque chose que tu voudrais ajouter avant de conclure ?
Merci pour tes questions. Nous serons en tournée eu Europe à l'automne, donc au plaisir de croiser des fans de Kongh sur les routes...
A la tienne mec.