Kobayes : Unité Avec leur premier album, les Kobayes imposent déjà leur style : morceaux brefs (dépasser les 2'30 semble être un exploit ! Ah si, il y a "S.D.F." qui fait 3 minutes !), tempos ultra-rapides, riffs expédiés en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et une énergie débordante sont les éléments que nous ont réservés les Kobayes.
Une "Intro" instrumentale ouvre le bal, mais passons aux choses sérieuses. "Vengeance" donne la tonalité générale : spontanéité, bon esprit, revendications et claque sonore ouvrent l'album. Mais c'est sans compter sur le fait que tout le disque est ainsi emballé ! Les titres enchaînent les uns après les autres à un rythme effréné et c'est avec habileté que le groupe envoi son punk-ska-core aux oreilles venues lui prêter attention. Pour certains titres, on peut même dire un ska-core qui défouraille sévère ! Trompette en avant, chant scandé, basse furieuse, grattes trépignantes d'impatience, batterie qui assure un max' et chœurs qui réchauffent l'ambiance : c'est ça les Kobayes : l'urgence, l'urgence et toujours l'urgence, et pour mon plus grand plaisir !
Si la trompette dans le jazz en a ému certains, (cf "Jacques" des VRP) je vous assure que la trompette dans Kobayes ajoute une énergie incroyable aux compositions. Permettant à "Untitled crew", similaire à un générique de cartoon ou à "A tout prix" de devenir des produits hautement explosifs, les cuivres incitent aussi bien que les guitares à jumper sans trop se poser de question. Par l'intermédiaire de platines, la folle armada opte parfois pour un penchant fusion du meilleur effet ("A vendre") ou, inversement, en étranglant toute fioriture, s'octroie un droit de passage en territoire clairement punk ("Unité"). Histoire de mettre en application l'ouverture d'esprit qu'ils prônent si fièrement ! Pour les autres titres, on navigue entre hardcore, métal et punk avec, à chaque fois, un bonne louche d'hilarité, de volonté et surtout d'originalité. ("HxC 95", "Mes frères" ...)
Malheureusement, cet album n'est pas parfait (s'eut été trop beau !). La production donne un objet qui sonne "garage", handicapant quelque peu la compréhension des paroles, par ailleurs pleines de bon sens et d'intelligence (joie et bonne humeur, anti-sectarisme, anti-discriminations et j'en passe...). Mais ne nous plaignons pas trop, de temps en temps, des trucs "roots", ça le fait !
Pour conclure, il y a une piste cachée après "Fier", sur laquelle on se rend compte de la foire que sème les Kobayes. C'est donc dans une joyeuse cacophonie organisée (!) que l'album se referme, laissant derrière lui une très bonne impression de ce que les Kobayes savent faire !