King Crown Je suis faible. Je n'y peux rien, c'est comme ça. Des guitares, des mélodies, de l'électricité et un peu de scandale, et me voilà heureux. Et même si les blagues les plus courtes sont les meilleures, j'ai quand même passé un bon moment à l'écoute de King Crown. Et pas seulement pour me moquer (quoique...).

Quintet français et anciennement dénommé Oblivion (le groupe vient de changer de nom pour, je cite "coller parfaitement au thème épique et majestueux de nos paroles et de notre musique", mais il semble que ce soit plus une question de droits), King Crown signe avec A perfect world un premier album pour le label grec Rock Of Angels Records pour le moins rocambolesque. Car à l'écoute de ce disque, on ne rigole pas avec le heavy power metal (ou métöl) ancestral. Les grands effets (ou plutôt tous les grands clichés) du style sont, bien entendu, au rendez-vous : rapidité d'exécution, nappes insupportables de claviers, envolés vocales aiguës, shred à tout va, solo de basse six cordes (si si !), twin guitars, et tout le bordel qui va avec. Quand ça joue vite et fort (et bien, ça, c'est indéniable), ça peut encore passer, mais quand ça lorgne du côté des power ballades à deux francs six sous ("Over the moon" avec un accent anglais des plus somptueux, et en deux versions - électrique et acoustique - s'il vous plaît), là, ça m'achève ! King Crown, les Sabaton français en moins drôles car plus crédibles. Et au fait, je vous ai parlé de la pochette étrange, du code couleur "renversant" et de la typo du livret (je te le donne en mille : Comic sans MS !!) ?

Assurément, les amateurs de power metal y trouveront leur compte avec ce disque au son puissant et aux arrangements chiadés (et ce n'est pas du second degré), mais j'ai du mal à penser que ce style fasse encore des émules (et mes mulettes). Pour les autres, je vous conseille de passer votre chemin en prenant un grand détour.