KilO - Front kick Après un titre pareil, Front kick avait plutôt intérêt à envoyer les décibels s'écraser contre les murs du studio. On met la pression sur le groupe, qui évite les balles et riposte avec une précision de sniper. "Frantic", "Golgoth 666", "Groy" distillent leur vénin métallique, hardcore rock super-noïsique punkoïde (copyright W-Fenec), le substrat sonore qu'extrait le groupe de ses intenses séances d'enregistrement fait de beaux dégâts sur nos membranes auditives. Et tant pis sur la prod est un peu trop light pour vraiment tout faire sauter, KilØ fait pulser les watts mais évite soigneusement de céder à la facilité du cliché hardcore punk basique et monolithique. Frénétiques par instants, haineuses mais également parfois plus mélodiques, les sept torpilles soniques signées par les Angevins n'oublient pas pour autant de varier les nuances et les tempi afin de ménager leurs effets... et de fait d'en accroître l'impact.
Accélérations soudaines, pulsations hardcore que le combo injecte en intra-veineuse, vociférations sauvages, riffing metal/rock noise sulfurique quelque part entre Helmet et Unsane avec une petite touche de Today Is The Day sur les bords (histoire d'être définitivement classe), KilØ n'a pas besoin d'en faire des tonnes (rires forcés...) pour imprimer sa marque. A ce petit jeu-là, il excelle. Les titres rafales s'enchaînent et le groupe frappe fort et précis. C'est net et sans bavure (l'excellent "Place"). On retrouve l'esprit qui anime d'ailleurs Pretty Mary Dies, la première "vraie" sortie du label Maximum Douglas Records et pour un premier essai discographique, le résultat est plutôt du genre très prometteur ("Slow", "Helmless"). Dommage, encore une fois que la production ne soit pas forcément à la hauteur du potentiel d'un groupe qui est assurément à suivre de très près.