Les Kehlvin prennent la pause Les Kehlvin prennent la pause Ascension, le split avec Rorcal et Holy cancer sont sortis à quelques mois d'intervalle il y a un petit bout de temps maintenant, comment avez-vous perçu les échos ? De mon côté j'en ai eu de vraiment bons.
En fait, on a eu plus de retours sur le split que sur Holy cancer. Ces-derniers étaient très bons globalement, on a eu quelques belles chroniques, mais sur Ascension, certains se sont carrément emballés en disant des trucs du genre "ils ont pratiquement réinventé le genre", c'en était presque rigolo, quand on pense qu'on a fait ça en 4 jours à moitié bourrés parfois, que c'était très spontané et que ça s'est fait quasi par accident parce qu'une mini-tournée de trois dates avait été en partie annulée...

Sortir un CD/DVD comme Holy cancer, c'était une manière de montrer les deux facettes de votre musique, en gros, le côté carré et produit du studio et l'intensité brute du live ? J'ai bon ou pas ?
Déjà, au moment de sortir Holy cancer, on avait ces 3 morceaux et on ne savait pas trop quoi en faire. Alors plutôt que de s'enfermer en studio pour composer cinq/six morceaux de plus et en faire un album, on s'est dit qu'on pouvait sortir en CD EP + un DVD. Et puis on avait en stock quelques bonnes vidéos, on connaissait des gens qui savaient les retravailler pour que ça rendent bien donc c'était l'idéal. Oui, effectivement, quand on y repense tu as raison, c'est un bon moyen d'allier l'esprit du studio et le côté immédiat du live.

Kehlvin existe depuis 1999 il me semble, ça fait un bout de temps maintenant, quel regard avez-vous sur le chemin parcouru jusqu'ici ? Avec le recul, il y a des regrets, des trucs que vous referiez différemment ?
C'est ça, en octobre 2009, ça ferait dix ans. Pas de regrets. Tu sais, si en 1999, on nous avait dit qu'on aurait fait tout ça 10 ans après, on aurait pris ça avec plaisir. Donc on est juste heureux d'être là comme ça maintenant. Sans se prendre la tête, sans faire de plan de carrière. Tout a toujours été très spontané, à l'image du split avec Rorcal si tu veux...

Là vous êtes actuellement en tournée pendant quelques semaines encore, et après quels sont vos projets pour 2009 ? Ce sera les dix ans du groupe.
Là on termine effectivement cette tournée et après on va commencer à travailler sur le deuxième album. C'était vraiment bien de pouvoir jouer tous les soirs pendant douze jours d'affilée, ça nous a permit de trouver de nouveaux automatismes, on a beaucoup parlé de l'album et puis honnêtement, on joue tous les jours les mêmes morceaux là et on commence à en avoir marre de les entendre. C'est le moment de se mettre à composer de nouveaux titres et on est super motivé par cette idée.

Plusieurs d'entre vous, officient au sein de Yog il me semble, groupe présent comme Kehlvin sur Falling down, c'est assez différent dans l'esprit, vous pouvez en parler pour ceux qui ne connaissent pas encore ?
(Yonni) Là c'est moi, j'officie en effet au sein de Yog au poste de chanteur. C'est un groupe de grind power-machin chose. En fait, j'ai toujours voulu avoir plusieurs groupes afin de pouvoir mêler ces trucs bien lents à la Monarch par exemple avec des riffs super lourds et quelque chose de speedé et furieux, genre turbo punk (rires) qui aille à 2000 à l'heure. En plus, les Yog sont de super zikos, donc c'est vraiment fun.

Falling down d'ailleurs, c'est un peu "le post-hardcore pour les nuls mais pas que...". C'est un sacré projet quand même... un petit mot à dire là-dessus (les Rorcal s'y sont collés la semaine dernière).
Avant tout, c'est un truc vraiment impressionnant ce qu'ils ont fait Thibault et Yann. Leur premier projet et c'est quelque chose de super ambitieux qu'ils ont mené de bout en bout sans connaître grand chose au départ. Je me mets à leur place et je peux te dire que leurs boîtes mails ont du fumer plus d'une fois pour réunir tous ces groupes, ceux qui y sont sur cette compile... et les autres. Puis la démarche de proposer un maximum de titres inédits et rares, c'est un sacré boulot. Après, il y a quelques petits détails à améliorer peut-être, au niveau du packaging (un digipack, ça aurait été la classe quand même), l'artwork peut-être, la typo à l'intérieur du livret. Mais bon, ce sont des petits trucs parce qu'il faut être exigeant, mais ça reste balèze ce qu'ils ont fait.

A l'heure où l'on tend vers une dématérialisation de la musique, vous semblez croire au support physique et sortez tous vos disques dans des digipacks plutôt très classes. Même si nous approuvons bien sûr cette démarche, n'est-ce pas un peu risqué ?
Oui bien sûr qu'il y a un risque. Il y en a toujours, surtout maintenant. Mais en même temps, à quoi ça sert de faire les choses à moitié ? Nous on aime le support CD, pouvoir tenir le produit dans les mains avec un beau digipack, un artwork classe. Alors autant y aller franchement, ou ne rien faire. On moins, on ne regrettera rien.

Kehlvin en noir et blanc Kehlvin en noir et blanc Quid de Division Records ? J'ai entendu dire que vous aviez repris le label avec les mecs de Rorcal ?
C'est ça. En fait, Laurent qui gérait ça depuis des années maintenant a eu un enfant, il avait désormais d'autres priorités, peut-être un peu moins de motivation pour continuer comme ça. Et c'est quelque chose où il faut énormément de motivation pour que ça fonctionne. Du coup, Laurent nous a passé le relais et désormais, le label est géré par 3 Kehlvin + 2 Rorcal (Diogo et JP) et on a plein de sorties en projets... Pour nous, c'est vraiment un truc qui nous tient à coeur. Tu vois, Division Records, c'est Shovel, c'est Unfold, des groupes cultes pour nous et comme on avait de notre côté le désir de monter un label, c'était l'idéal de reprendre cette structure.

On le sait, la scène suisse metal/post-hardcore est en effervescence permanente, alors tout le monde a déjà dû vous poser la question mais comment ça se fait que dans un aussi petit pays, vous ayez autant de bons groupes ? (je pense à Art of Falling, Rorcal, Kruger, Eno, les groupes de Division Records, dont vous, ceux de Get a Life Records) ?
Alors en fait, il y a une théorie sur le sujet : en gros c'est que comme la Suisse n'est pas un pays avec des tas de trucs à faire tout le temps et partout (à part le ski) : par exemple, le paysage cinématographique suisse, c'est pas grand chose, alors du coup on fait de la musique. Et sans doute qu'il y a une saine émulation qui fait qu'au bout du compte, vu qu'il y a beaucoup de groupes, seuls les "bons" se font remarquer pour sortir un peu du lot. Il faut également prendre en compte le fait que tous ses musiciens se connaissent, il y a beaucoup d'interconnexions entre les groupes... Entre les Rorcal et nous, ou avec des tas d'autres groupes comme Commodor, Knut, Impure Wilhelmina etc...

Vous avez récemment participé à la BO d'un film...
Oui, Home, un film suisse d'ailleurs signé Ursula Meier, un vrai petit bijou de cinéma indépendant qu'on conseille à tous les lecteurs. On est dessus avec quelques autres groupes, dont les Kruger notamment. le film est sorti en France donc tu peux même aller le voir chez toi...

Derniers coups de coeur musicaux ?
Impure Wilhelmina, leur dernier album, c'est quelque chose de phénoménal. Ces mecs font quelque chose qui depuis dix ans ne s'apparente qu'à eux et à chaque fois, ça tue. Sinon, une petite découverte avec Junius, je ne sais pas si tu connais (note de l'auteur : en fait non). Ce sont des américains qui font du post-rock aux envolées magistrales mais avec une voix à la Interpol... C'est énorme. Ils ont ouvert pour nous récemment, j'avais presque honte que ce ne sont pas l'inverse. Sinon, un dernier avec Gaza, la grosse baffe, hardcore .
Evidemment, on peut également citer My Own Private Alaska, que l'on retrouve si Falling down est qui est vraiment à voir ne serait-ce qu'en live (note de l'auteur : un mini discussion s'ensuit pour aboutir au fait que MOPA, c'est excellentissime et puis c'est tout...).