Flyer Celeste + Kehlvin @ le Korigan 20h arrivée sur place. Personne. Un détour vers les loges, un petit briefing avec Thibault (co-producteur de la compilation Falling down) et une interview avec les Kehlvin plus tard, les hostilités débutent avec un peu de retard devant un public "clairsemé" (pour ne pas dire... fortement réduit) avec le set de Celeste. Et là, attention, on éteint les lumières, on pose notre ouïe dans un coin de la salle et on encaisse. Car, si sur CD, les lyonnais envoient du bois, sur scène, autant dire que c'est carton. Brûlant, chaotique et dévastateur, le groupe fait la guerre et livre un set aussi compact (une trentaine de minutes à vue de nez... dans ces cas-là on oublie la montre) que percutant. Post-hardcore Celeste ? Possible enfin, pour le "post" on repassera car pour le coup, on s'enquille ici une volée de brulôts HxC de premier ordre. Petit bémol, le volume est un peu élevé et si on n'a rien contre le fait d'y laisser une moitié de tympan, le résultat ne rend pas forcément justice à un groupe qui a démontré sur Nihiliste(s) qu'il savait être vénéneux et subtil dans la violence. Ce soir, il est surtout brut de décoffrage, urgent et immédiat. Live oblige en même temps. Pulsions abrasives et engagement viscéral, le groupe ne fait pas dans la demi-mesure et kärchérise brutalement les tympans de l'auditoire.
Après quelques minutes de battement, le temps pour nous de reprendre notre souffle, aux suisses de s'installer et de contempler cette salle qui ne s'est entre-temps, pas vraiment remplie, (dommage pour eux), et place au deuxième acte. Le gros morceau de la soirée. Niveau son, lights, et jeu de scène, rien à redire, le quintet assure. Niveau compos et setlist, pas grand chose à reprocher, Kehlvin, ça vaut son pesant de cacahuètes. Que manque-t-il donc ce soir pour réellement s'enthousiasmer ? Des gens peut-être. Parce que s'écorcher les cordes vocales sur du verre pilé (c'est une image...) comme le fait le chanteur du groupe ou libérer des nappes de guitares planantes comme le font ses comparses, devant vingt personne, ce n'est pas forcément très excitant. Et de fait, l'atmosphère ne peut se gorger d'électricité. Par conséquent, ça manque parfois d'intensité, contexte oblige. Mais lorsque l'on oublie ce détail (forcément ennuyeux au demeurant) et qu'on se focalise sur la scène, le rendu est imparable. Le groupe vient d'enchaîner dix shows, dix soirs de suite et a toujours le post-hardcore chevillé au corps... (on peut essayer de faire des rimes parfois dans un live-report non ?). Certes, il n'est pas certain que les helvètes garderont un souvenir inoubliable de ce set là mais cela ne les empêche nullement de démontrer que les meilleurs morceaux de The mountain daylight time et Holy cancer passent le test du live haut la main. Envolées atmosphériques et chant complètement à vif, les Kehlvin jouent ensemble depuis une petite dizaine d'années maintenant et leur complémentarité est sur scène évidente. Le set est rôdé, l'intensité, presque palpable et après 45 minutes passées à faire cramer les amplis, le groupe plie bagage non sans avoir livré un show de tout premier ordre. Classe, en toutes circonstances.