Jaïl : Mali glas Un luth s'invite le temps d'un titre ("Pod vreċom") à l'ouverture de la galette pour faire de Jaïl un groupe de cosmo-pop dépouillé. Sur le reste du disque, le groupe pratiquant un métal singulier et puissant, avec ses structures old-school se démarque correctement de la vague néo. Cet épisode musical n'a déteint que sur un seul titre, "Puška", morceau à la fois racé et jumpant faisant penser à System Of A Down fait presque office d'électron libre au sein des autres compositions.
Les 2 parties de "Sine" démontrent la possibilité du groupe à naviguer entre violence clairement exprimée et énergie couvée comme des braises qu'il ne faudrait pas laisser s'éteindre. Mes notions de Bosniaque étant plutôt faibles, ce sont les rares passages chantés en français qui laissent apparaître la réelle éthique dont dispose le groupe. Ainsi à l'image de "Easy" de Oneyed Jack, le groupe s'en prend avec justesse à l'effervescence que peuvent créer certains évènements sportifs et la récupération qui en est faite : " Voir des enfants mourir de faim est devenu banal / mais c'est bien moins important que l'équipe de France en finale du mondial " envoie Admir à la fin de "Čiko". Certainement que les textes écrits en cette langue balkanique, possèdent aussi cette même verve. La voix est toujours aussi juste qu'elle soit chantée ("Strana zemjla" et "Doċe dan osvjete"), criée ("Sine") ou chuchotée comme au travers de l'épique et frissonnant "Mali glas". Lorsque cette fantastique et dernière piste se termine, on se dit " déjà ? ", alors on a qu'une envie : s'envoyer une deuxième fois ce brûlot dans les oreilles. Derniers détails, le son est impeccable et on se fera bien plaisir avec la basse groovie de "Strana zemjla" ou le tubesque riff de "Doċe dan osvjete".