metal Métal > It Came From Beneath

Biographie > Ça venait d'en-dessous...

Ça venait d'en-dessous... Ok, mais le "ça" c'est quoi et le dessous de quoi ? A cette double interrogation, je n'apporterai aucune réponse ! Mais tout de même, il faut bien l'admettre, en terme de nom "It Came From Beneath", ça claque. Et pour un groupe de métal qui arrache tendance Deathcore, ça le fait tout autant que pour l'un des rituels slasher movie d'Halloween. Derrière ce très bon patronyme, on trouve cinq gaillards venus de Lyon qui composent depuis 2009 (ou 2010 et leur EP éponyme si on ne regarde que les sorties) et qui font leur petit bout de chemin malgré les changements de line-up plus ou moins conséquents. Parmi ceux qui comptent, il y a eu le départ de Léo (chanteur) après la sortie du premier album (When no light remains en 2013) et celui de Lorenzo (guitare) qui remplace Alexis juste après ce nouvel LP qu'est Clair-Obscur. Entre les deux opus, le combo était repassé par la case EP (The last sun) en 2015, l'occasion de regoûter au travail de Fabrice Boy, incontournable producteur rhodanien (Lòdz, Stereotypical Working Class, Young Cardinals, Vesperine, Vicious Grace...), de rebosser des compos et d'affiner la ligne directrice pour être sûr de préparer au mieux la nouvelle claque. Une belle baffe que Send The Wood Music se charge de nous filer et quand le label d'Hyperdump, Lessen, Insolvency ou Kinky Yukky Yuppy annonce vouloir sortir moins de skeuds pour n'envoyer que du très gros, on se dit que c'est bien parti !

It Came From Beneath / Chronique LP > Clair-obscur

It Came From Beneath - Clair Obscur Les multiples écoutes de ce Clair-Obscur ne m'ont pas encore permis de trouver où était le "clair", l'intro exceptée (et encore, elle s'appelle "Ténèbres"), il y a bien ces quelques passages éthérés sur le titre éponyme qui apparaît comme une respiration au cœur de l'opus mais c'est bien maigre quand on le compare à la dose de tout ce qui est "obscur" : chant growlé/death qui ne relâche jamais la pression, batterie qui carbure à la double pédale comme si c'était la vitesse normale, basse qui ressemble davantage à un marteau pilon et guitares qui tailladent les oreilles avec les sons aigus ou nous défoncent les tympans avec des riffs saturés qui tels des trous noirs aspirent tout ce qui se balade alentour. Véritable rouleau compresseur, It Came From Beneath ne laisse pas respirer celui qui s'y frotte et si le combo laisse entrevoir une éventuelle accalmie ("Decline"), c'est uniquement pour faire baisser la garde et tout exploser dans la minute suivante ("Fading lights" serait même trop oppressant sans son break central). Cet album est noir, à l'instar de la technique sublimée par Le Caravage, la profondeur de ce noir met en lumière certaines parties et casse les transitions évidentes pour créer une zone complexe où les couleurs cohabitent et s'enrichissent mutuellement. Celles utilisées par It Came From Beneath restent très sombres parce que c'est le sens de la trame générale mais c'est dans cette obscurité que vivent les sentiments d'abandon, de désespoir, de lutte inutile que transmettent les Lyonnais. Un tableau pas folichon mais franchement réussi.