In Flames - Sounds Of A Playground Fading Il y a bien des manières de démarrer un album et le mettre sur orbite pour un groupe, surtout quand on l'a déjà très bien fait par le passé. Comme In Flames. La meilleure, en collant d'entrée l'auditeur sur les enceintes, une moins bonne qui consiste à prendre son temps quitte à sacrifier un ou deux titres et à rattraper la sauce ensuite, une très mauvaise sur laquelle viennent s'abîmer un trop grand nombre de groupes signés chez des grosses machines "metal", à savoir foirer la première moitié de l'album, larguer les deux tiers de l'auditoire qui aura lâché l'affaire alors que finalement, la suite est plutôt pas mal. Et puis il y a celle d'In Flames, le plantage intégral du début... à la fin. La stratégie de la loose en sommes
On commence ici par le morceau-titre de cet effort, ou ce méfait osera-t-on, le dénommé "Sounds of a playground fading", qui infligeant au passage une intro parfaitement imbuvable. Deux/trois riffs de tueur plus tard, histoire de montrer que quand même "on" est In Flames et qu'on peut envoyer du petit bois, et on dévoile la substantifique du morceau, soit en fait un titre ultra-mélodique aux accents pop metal tant bien que mal dissimulés sous une production bien massive. Metal suédois oblige. Par contre rien à faire pour les refrains... On insiste et on passe au deuxième titre de l'album, le single "Deliver us". Pire que le premier, il fallait le faire. In Flames l'a fait. C'est con. Là encore on sent la puissance de feu d'un croiseur qui, utilisée de cette manière-là ici, a autant de potentiel de destruction qu'un vieux crevettier à moitié échoué sur un récif vendéen. L'avantage, c'est que ça peut passer en radio. Limite à l'Eurovision même.
Là, tout le monde a compris, le lancement de ce Sounds of a playground fading est des plus misérables. Problème, la suite ne vaut pas vraiment mieux. Ou à peine. Quelques lignes de gratte bien senties, une section rythmique qui fait ce qu'elle peut et un chant qui s'enfonce dans des clichés abyssaux. Niveau écriture, c'est poussif et encore on est soft. Heureusement que le groupe se lâche un peu en éparpillant les neurones de l'auditeur sur "The puzzle" qui, malgré un solo un peu grossier, arrive à peu près à faire parler son efficacité. Profitons, parce que la suite arrive et qu'elle n'est pas belle à voir. Que ce soit avec "Fear is the weakness" ou "Where the dead ships dwell", In Flames est peut-être surpuissant, ça ne l'empêche pas de tirer à blanc. Et là le drame, on se rend alors compte qu'on n'a pas encore atteint la moitié de l'album et qu'on est déjà désabusé... et qu'on n'ira d'ailleurs pas bien loin. Un rapide "coup d'oeil" sur "Ropes" et "A new dawn" (professionnalisme de façade oblige) confirmant ce que l'on pensait depuis quelques titres de ce nouvel opus, à savoir que c'est certainement la purge métallique du moment, malgré quelques passages "enflammés" mais rapidement éteints par un songwriting des plus paresseux. Next.