Après un premier album éponyme délivré au début de l'année 2023, on s'attendait à ce que les Clermontois d'In Der Welt prennent leur temps pour lui pondre une suite en version LP digne de ce nom. Sauf que ces derniers, peut-être impatients ou craignant qu'on les oublie un peu trop vite (en tout cas, de notre côté, ce n'est point le cas), ont lâché en novembre dernier un EP de 5 plages nommé Sungazing. 3 titres + 2 interludes vocales (des extraits de film) pour 10 minutes de folie : on se situe plutôt sur un mega single qu'un EP. Ça sent clairement l'urgence, comme leur post-metal hardcore qui brûle intensément et nous fait fondre, pour faire le lien avec le nom de l'EP et à sa pochette explicite qui continue d'utiliser la même bichromie. On ne retirera rien à ce qui a déjà été dit sur le disque précèdent, Sungazing confirme à 100% les impressions qu'on avait eues à l'époque, la surprise en moins, la qualité de production en plus. Ces nouveaux morceaux révèlent moins de mélodies que son prédécesseur (dû au nombre de plages moins importantes, de fait), mais insistent davantage sur l'intensité et la variété des riffs lourds et tranchants, et dans la voix hurlée complètement exaltante qui se laisse quelques moments chantés très appréciés. Sungazing, de par le choix de son format court, laisse néanmoins de la frustration. Naturellement, on aurait préféré en voir un peu plus.
Ted
Octobre 2025
Publié dans le Mag #65
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Comment décrire la souffrance en musique ? Je crois qu'In Der Welt détient la réponse. Ce groupe de post-metal hardcore clermontois a sorti en février dernier en autoproduction un premier album hautement vertigineux naviguant dans des eaux sombres avec de petites interstices de lumières perçantes savamment bien placées ci et là dans cette houle agitée. Déjà, sur le papier, c'était très alléchant, mais ce qui est encore plus jouissif, c'est que ce groupe fondé en 2019 possède un chant éraillé et hurlé semblable à celui de Grady Avenell de Will Haven. Et Dieu sait que dans notre terrier, beaucoup porte ces derniers dans le haut du panier. Sans toutefois être une pâle copie vocale, In Der Welt ne peut être comparé à eux dans le sens où ils travaillent davantage le côté mélodique que les Américains. Alors certes, avoir un super chant est un atout, mais concernant les Clermontois, je serais presque tenté de dire que le plus important n'est pas là. Car ces mecs sont capables de composer de manière magistrale. Au fur et à mesure que les morceaux passent, on découvre et on se rend compte de la variété mélodique et que la recherche esthétique est globalement poussée, ils ne se contente pas de repomper bêtement les structures, les dissonances ou les riffs de leur musiciens préférés. Ils amalgament le tout avec classe, cela en tue définitivement l'ennui.
Ted
Décembre 2023
Publié dans le Mag #56
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