Quelle est la genèse d'Hewitt ?
Hewitt - Band Jay (chant) : Ça a commencé dans un bar, pour être vraiment honnête. A l'époque Fred était dans Pleymo, chacun avait ses petits projets. On s'est dit qu'un jour on se mettrait tous à faire de la musique, mais on avait jamais pris le temps jusque-là. On était parti dans une optique un peu plus trash et l'arrivée de Viko (guitare) a permis de donner un côté un peu plus jeune et un peu moins chevelu on va dire (rires).
Brieuc (guitare) : On sentait vraiment qu'on allait quelque part avec une guitare. L'arrivée d'une seconde guitare a apporté beaucoup de profondeur et nous a permis de nous renouveler puisque c'est vrai qu'on partait sur des bases très très old school. Tout en conservant les racines qu'on voulait avoir, ça a considérablement rajeuni le truc.
J : Viko s'est mis dans le groupe au moment où on commençait à pré-produire l'album. Les idées qu'il avait étaient bonnes. Puis c'est aussi un pote de longue date, donc on s'est dit pourquoi pas l'intégrer. Donc sii je résume on a maintenant Viko à la guitare, Fab à la basse, Fred à la batterie, Brieuc à la guitare et moi au chant.

L'enregistrement de l'album au Kallaghan Studio a été anticipé de quelle manière ? Tout était prêt ?
J : On est arrivés avec des idées et une certaine orientation. Après on a voulu bosser avec Charles parce qu'on sait que c'est un producteur avec des idées, qui va rajouter la petite touche et donner une autre couleur au morceau. En l'écoutant on a pas mal développé nos idées.
B : On est arrivés avec des morceaux terminés. Sauf qu'il a tellement apporté en termes de production et d'interprétation, même d'organisation des morceaux qu'ils ont pris une couleur inédite. C'était très loin d'être juste un mec qui poussait des boutons. Pendant une part de l'enregistrement il a été un sixième membre du groupe.
J : Personnellement je sais que pour les voix... C'est un chanteur et c'était agréable de bosser avec lui parque justement au niveau des sensations et de ce qu'on voulait amener. Il a été super bon.

Le son de guitare est assez atypique, très froid. Comment vous avez appréhendé cette question ?
B : On a cherché un ensemble. On voulait une couleur globale sur l'album et pas que chacun ait le meilleur son du monde. Ça n'a strictement aucun intérêt de faire ça. On a essayé de trouver l'image qu'on voulait donner du groupe. Ce son un peu froid, un peu crade, ça colle super bien. Ça donne une lourdeur avec un son de guitare super tranchant.
J : Charles ne voulait pas sortir un album qui ressemblait à tout ce qui se fait maintenant. Quand je discutais avec lui pendant les pré-mixages, on a beaucoup parlé de stéréo. Sur l'album les guitares sont pas placées pareil à gauche et à droite, elles voyagent. On a pas essayé de faire le plus gros son du monde et combler les manques avec des potards.

Jay - Hewitt Sur un break dans "Dying alive", les guitares se désaccordent en quelques secondes. Comment vous avez procédé pour enregistrer ce passage ?
J : On a essayé de le faire direct, ce qui sonnait bien. On a refait une piste en sol par dessus même si au début on aimait bien ce côté dissonant, ce côté corde qui tremble "dum dum dum dum di dum". On a voulu souligner le côté live du désaccordage sur l'album.
B : Il faut garder le côté crade et dégueulasse qu'on revendique à fond les ballons. On l'a fait au naturel pour voir ce que ça donnait. Puis on l'a refait un peu plus propre en rajoutant des pistes.
J : On aime bien quand c'est sale (rires).

Question tessiture, la voix est dans un autre monde comparé aux instruments. Est-ce que c'est gênant pour toi Jay ?
J : Ça m'a gêné car au niveau des tonalités, c'est pas toujours évident de trouver les notes ou les mélodies. Mais d'un autre côté, vu que j'ai une tessiture de voix assez aiguë, ça colle bien. Du côté de l'enregistrement ça s'est fait plutôt naturellement : on n'a fait que trois jours de prises de voix. C'est peu. On a quand même testé pas mal de choses. J'aime bien les trucs un peu progressifs avec beaucoup de voix. Mais principalement on ne voulait pas qu'en live on puisse se dire que la voix c'était mieux sur le CD.

Qui se cache derrière la pochette ?
J : On a bossé avec Berzerker, qui est un pote. Mais tout l'album a été fait avec des potes, ceux qui nous ont toujours suivi. Ok la fille est plutôt jolie (rires), les gens le Hewitt - Sacred Heart remarquent assez vite !

Où en est-on au niveau de la tournée ? Plusieurs dates ont été annulées...
J : On a eu un peu de malchance sur des dates annulées, qui devaient être reportées. On a une vie à côté et on essaye de s'arranger avec les promoteurs. Pour certains ça n'a pas pu se caler comme il le fallait. Mais on reprend des dates au mois de janvier. Croisons les doigts pour qu'il n'y ait pas d'autres annulations.

Ça signifie quoi d'être endorsé par Jägermeister ?
J : Ça signifie pas grand chose à vrai dire... En plus sur ce coup l'endorsement s'est arrêté, parce qu'en France ils vendent pas assez de bouteilles pour le moment. On a un plan si on joue à l'étranger, par la firme allemande. Il y a d'autres avantages contractuels au niveau de la visibilité.

Comment en on arrive à avoir des marques d'alcool qui sponsorisent des groupes comme Hewitt?
J : En Angleterre c'est beaucoup de visibilité. En général tu mets le logo sur ton back drop. Les gens qui vont en concert, en général, ils boivent. Donc c'est comme les fringues, si quelqu'un boit ce verre-là t'as envie de le boire aussi. C'est du marketing pur et dur. Mais ça peut signifier aussi le financement d'un clip par exemple. Ils payent des tournées aussi en Angleterre... Tous les groupes courent un peu après l'argent et pour faire quelque chose de leur musique. Le risque par contre c'est de devenir assez rapidement alcoolique (rires).