helmet left Pour être honnête, je ne me souvenais plus du titre du dernier album d'Helmet... Et même s'il remonte à 2016, ce n'est pas une excuse car les Betty ou Aftertaste ont su se faire un nom il y a bien plus longtemps. Dead to the world n'a pas grand chose pour lui ce qui peut justifier son oubli. La question qui se pose 7 ans plus tard avec ce Left, c'est : "va-t-il connaître la même trajectoire, celle d'une comète qui éclaircit le ciel puis retombe dans l'oubli jusqu'à son passage suivant (dans 7 ans ?) ?".

Avec "Holiday", ça part plutôt bien, le titre sonne et sa mélodie nous saute à la gorge dès les premières secondes, c'est raffiné et tout vole en éclat rapidement, c'est incisif, agressif, ça surprend à la première écoute, on s'en délecte ensuite. C'est clairement le meilleur titre d'Helmet au XXIe siècle ! Les relances, les breaks, le chant, les sons des grattes, le solo, ... tout est vraiment parfait ! Le reste de l'opus a bien du mal à s'élever à ce niveau ensuite, même si on retrouve un peu de hargne, de mélodies tranchantes et de rythmes saccadés. Plus qu'au Helmet des années 90, celui de 2024 ressemble à Therapy? (ce côté noisy assez brut qu'affectionne les Irlandais est présent sur "Gun fluf" ou "Bombastic") ou à Filter (le chant de Page Hamilton allant parfois sur les terres de Richard Patrick comme sur "Make-up" ou "Powder puff"). Ce n'est pas désagréable, mais ça a de quoi surprendre. Les New Yorkais n'hésitent pas à foutre le bordel dans nos têtes en ajoutant des titres qui sortent carrément de leur "ordinaire" (si tant est qu'ils en aient un) avec une "Reprise" instrumentale qui sert d'interlude (et de rampe de lancement à un assez bon "Dislocated"), un morceau acoustique qui fait honneur à l'origine du rock américain arrangé avec de jolies cordes ("Tell me again") et termine l'album avec un autre hommage, au jazz cette fois-ci, via une reprise de John Coltrane ("Resolution"), le morceau reste très jazzy et donc loin de l'univers distordu d'Helmet et assez éloigné aussi des autres covers que le groupe nous a déjà offerts (Black Sabbath, Killing Joke, The Beatles, David Bowie, Blue Öyster Cult...).

Belle pochette (qui me fait penser à l'univers de The last of us avec ces sentiments de désolation et de solitude), belle production (signée Jim Kaufman avec qui ils avaient bossé sur Size matters et qui a travaillé avec Funeral For A Friend, Skindred ou Anti-Flag), mais un ensemble de morceaux assez disparates qui ont du mal à exister en bloc... Peut-être que les avoir écrit sur une trop longue période nuit à l'unité et au format compact que j'attends davantage de la bande de Page Hamilton. Cet avis, comme toutes les chroniques, est bien sûr discutable, mais tout le monde sera d'accord avec moi si je dis qu'il est dommage qu'il n'y ait pas plus de "Holiday".