Heirs - Hunter Hunter by Heirs. Les Australiens sont décidément plutôt prolifiques, dans un genre qui pourtant ne s'y prêtent pas tout particulièrement d'ordinaire, et pourtant cela semble faire mieux que fonctionner. Troisième sortie pour le groupe en deux ans et demi après les albums Alchera puis Fowl, Hunter est un EP qui voit donc le quartet devenu quintet (depuis l'arrivée de Miles Brown - de The Night Terrors - en son sein) raccourcir le format à quelques vingt-cinq minutes réparties sur (seulement) trois titres. Mais comme chacun sait, ce n'est pas (que) la longueur qui compte.

"Hunter", morceau-titre de l'EP enterre la critique en quelques six minutes vingt-sept secondes d'une odyssée post-métallique aux empreintes doom et flagrances darkwave du plus bel effet. Une véritable pépite du genre, à l'amplitude émotionnelle rare et à l'écriture extrêmement ciselée qui justifie à elle seule l'acquisition devenue alors difficilement dispensable de cet EP sorti chez l'incontournable Denovali Records en vinyle ou CD digifile. Echec et mat en un seul coup. La classe en provenance de l'hémisphère sud encore frappé et ne s'arrête pas en si bon chemin puisque le second titre de cet Hunter prolonge le plaisir avec "Symptom". La musique des australiens s'y fait plus nébuleuse, plus insaisissable en même temps qu'elle s'appuie sur un socle instrumental à la densité palpable. On s'incline.

Hunter, c'est encore une fois la confirmation d'un groupe qui laisse l'auditeur s'immerger au sein d'un univers musical atypique et à la personnalité très affirmée. Et plus encore quand ledit quintet s'offre une reprise des Sisters of Mercy avec "Neverland", comme pour revendiquer ce côté "coldwave gothique" que l'on entrevoit régulièrement sur ses dernières compositions. Là encore, le mélange avec la griffe postcore/postmetal qui est l'essence-même de Heirs, se révèle particulièrement habile et démontre que malgré son rythme élevé de productions, le groupe ne sacrifie jamais à la qualité. On a la classe ou on ne l'a pas.