metal Métal > Hacride

Biographie > A corde et Hacride

2001, l'odyssée du métal technique commence pour les Hacride, influencés par des monstres du metal technique comme Meshuggah. 2003 sonne la première production studio, une démo qui les mènera jusqu'au collectif Klonosphère, qui regroupe Klone, Trepallium et bien d'autres formations. Progressant au fur et à mesure de leurs prestations en première partie de Gojira ou de Loudblast, le quatuor se faufile jusqu'à l'enregistrement de leur premier album, Deviant current signals. L'hexagone et la Suisse seront le terrain de jeu de deux tournées, avant que le groupe ne regagne les studios pour l'enregistrement d'Amoeba. Un album qui confirme le talent du quatuor et le verra jouer avec des pointures comme Divine Heresy. De retour au Loko studio pour enregistrer la suite de Amoeba, Hacride a pris un tournant radical, voyageant désormais dans des sphères plus progressives. Lazarus est un succès critique indéniable, qui voit le groupe s'exporter, notamment en Norvège pour le Hole in the sky festival.

Review Concert : Hacride, Hacride @ Le Manège, Lorient

Interview : Hacride, Hacri-nterview (déc. 2009)

Interview : Hacride, Lazarus titre par titre (avr. 2009)

Interview : Hacride, Hacride en studio (déc. 2008)

Hacride / Chronique LP > Back to where you've never been

Hacride - Back to where you've never been Quatrième album long-format pour Hacride et un changement de statut. En passant de Listenable Records (qui avait sorti les deux précédents opus) à la hype du moment Indie Recordings (Cult of Luna, Kvelertak, Shining...), le groupe ne se limite plus uniquement aux frontières continentales mais peut potentiellement faire comme son ex-voisin de label (Gojira) et conquérir le monde. Potentiellement on a dit.
Changement de line-up également, lequel s'est opéré dans l'intimité des frenchies puisqu'il n'a réellement été découvert que lors de la parution des photos promo et donc des premières annonces entourant la sortie de Back to where you've never been. Exit Samuel, welcome Luis (ex-Sinscale). Pour les explications on repassera.

Musicalement, parce que c'est ce qui nous intéresse au fond, Hacride pose une (trop ?) longue intro sur un "Introversion" qui prend trois bonnes minutes pour réellement ravager les enceintes. Mais quand la mécanique prog-metallique/post-hardcore se met en branle, cela se ressent tout de suite et l'album prend son envol. Pour planer à sa manière sur un "Strive ever to more" pour lequel le groupe développe un metal organique et extrêmement volubile qui distille des émotions subtiles en même temps qu'une maestria formelle plutôt étourdissante. Même si ses membres n'étaient pas connus pour être des manches (vanne facile) jusqu'alors, la formation poitevine assure. Résultat des courses, le contenu est d'une richesse mélodique notable et quelques plans prog' dopés par une intensité émotionnelle fracassante ("Overcome") font la différence.

Hacride est plus direct que jamais, démontant enceintes et conduits auditifs avec un sentiment de maîtrise formelle absolue, doublée d'une puissance de feu mastoc et des progressions harmoniques méphistophéliques ("Ghost of the modern world"). Sauf que l'ensemble cache en réalité quelque chose de plus répétitif qu'il n'y paraît à la première écoute ("Synesthesia", "Edification of the fall") voire artistiquement égocentrique ("To numb the pain") dans le cheminement créatif. Les structures sont loin d'être simplistes, mais le groupe donne parfois l'impression de donner dans l'auto-recyclage dans les formules employées puis déclinées. Et si Back to where you've never been est sensé célébrer l'avènement d'un nouveau poids lourd de sa catégorie sur le territoire européen, on ne peut parfois s'empêcher de penser, qu'à l'instar de pas mal d'autres représentants francophones, Hacride pourrait être quelque peu surestimé. Pour le moment tout du moins. Même s'il ne peut s'empêcher de nous faire doucement mentir sur l'élégant "Requiem for a lullaby" concluant l'opus.

Hacride / Chronique LP > Lazarus

Hacride - Lazarus Hacride reprend les choses là où elles avaient été laissées avec Amoeba. Avec de multiples tournées et un horizon européen plus qu'atteint, le groupe s'est fait un nom parmi la jungle des groupes de deathmetal technique sur le vieux continent. Sur la pente ascendante, il s'est une nouvelle fois confié aux bons soins de son guitariste et tête pensante. Annoncé comme progressif, Lazarus opère un changement de cap exceptionnellement bien réussi. La révélation du track-listing n'a fait que confirmer que l'aspect progressif du combo serait mis en avant, avec 7 titres et un monde totalement différent. S'éloignant des standards de production aseptisés qui dominent le milieu, Hacride privilégie un son brut, naturel, servi par des orchestrations et des arrangements brillants. "To walk among them" ouvre l'album en plaçant, phrase après phrase, les éléments épiques, atmosphériques et ambiants qui suivront le reste de l'album. Les guitares, très doom d'inspiration Neurosis, apportent un aspect lourd et inévitable, amenant chaque nouvelle ambiance de manière fuyante et massive. Les 15 minutes d'ouverture témoignent de la maîtrise et de l'intelligence d'écriture du groupe. Sous une forme rugueuse et une tonalité présente du début à la fin, Hacride développe une hyperbole sonore qui transporte d'atmosphères glaciales en riffs pharaoniques. L'intensité va crescendo, prenant l'auditeur par surprise malgré l'apparente facilité d'accès du titre. À cette véritable pièce maîtresse, les six autres titres de Lazarus apportent des réponses tout aussi convaincantes. Que ce soit le nerveux "Act of god", le très lourd "Lazarus" ou encore le très sombre "Phenomenon", le groupe parvient à porter l'auditeur plus loin encore dans le concept de l'album. Et pour exploiter le syndrome de Lazare, Hacride a mis sur pied une pièce cinématographique d'une qualité et d'un talent unique.
Pas à pas, les mélodies portées par un chant certes un peu en retrait face aux instrumentations mais à sa juste place, envoûtent, torturent, surprennent, et finissent par mettre à genou. Cette fresque à la fois violente ("Act of god"), sinistre et passionnelle ("Phenomenon") et énigmatique ("Awakening") met à profit des influences telles que Neurosis, King Crimson ou Pink Floyd, tout en piochant dans l'atmosphère black métal. L'accordage atypique utilisé par les cordes est à la base d'une ambiance lourde et pesante, glaciale presque, mais interprétée avec une intelligence rare, laissant une large place pour les arrangements de clavier qui sont d'un apport indiscutable. Les 9 minutes de "My enemy" mettent un coup d'arrêt à un voyage éprouvant, donnant dans un clair/obscur meurtri. Une conclusion introduite par un riff doom, relevé d'un solo dissonant, mettant le point final à cette incursion par une cadence, parfaite.
Paradoxalement, Lazarus est très visuel, touchant l'imagination dans sa forme la plus pure. L'homogénéité retranscrite sur ces 7 titres n'a rien à envier aux maîtres du genre, Opeth en tête. Redéfinissant les contours d'une scène métal prog en perpétuelle évolution, Hacride a donné naissance à un album intemporel. Les États-Unis ont Mastodon, la France a Hacride.

[fr] English version / Version anglaise: Blog W-Fenec (48 hits)External ]

Hacride / Chronique LP > Amoeba

Hacride : Amoeba Quand Hacride donne sans complexe dans le metal dit moderne, ça pique les yeux, ça fait saigner les oreilles et bouger les cervicales. Suite d'une première production studio qui les avait menés sur les routes pour deux tournées, Amoeba est une véritable démonstration en 10 chapitres de la capacité qu'a le groupe de créer des ambiances complexes, malsaines, atmosphériques, le tout porté par des arythmies qui visent juste. S'arrêter sur toutes les influences qui traversent cet album serait un travail titanesque, mais comment ne pas ne pas s'attarder sur ces guitares hispanisantes, écho tranquille d'un métal sans condition ? Parfait exemple de cet oxymore musical, "Fate" aborde successivement des registres acoustiques, des rythmiques black-metal, et un riff qui joue avec les octaves. Pas de metal hispanique pour autant, ou tout autre sous genre qui catégoriserait Amoeba. Simplement Hacride propose là une musique violente, aux rythmes essoufflés, aux ombres prog et aux racines metal.
La première écoute est si chargée en surprises qu'il est parfois difficile de savoir ou donner de la tête. Malgré tout, le groupe offre quelques points de repères mélodiques, où le chant prend toute sa dimension, alors qu'en temps normal la guitare prend le dessus. "Perturbed" et son clip d'inspiration "Toolienne" est à ce titre un parfait exemple de maîtrise technique, où Meshuggah n'aurait pas fait mieux. La première moitié de l'album s'achève sur "Zambra", près de 7 minutes d'un mélange exaltant de musique hispanisante et de riffs massifs, une vraie baffe. La suite ne fait aucun doute, on repart de plus belle dans les sphères complexes après un interlude bienvenu ("Liquid"). Les attributs techniques du quatuor font des étincelles, broyant tout sur leur passage, à l'image d'un "Cycle" destructeur exploitant néanmoins quelques moments prog, que "Ultima necat" prolonge. Interlude comparable à "Liquid", il prépare à un dernier titre puissant qui rappelle les structures du début de l'album.
Tel un cycle, Hacride finit par ce qu'il avait commencé, avec l'impression pour les oreilles d'avoir fait un voyage à la fois épuisant et transcendant. Une vraie tuerie en somme.