Hacride - Ben Hacride - Ben Débuter un concert de death prog par "Phenomenon", qui doit être le titre le plus posé de Lazarus, c'est une sacré challenge...
Adrien : Disons que comme notre dernier album est un peu plus ambiancé, ça cale une espèce d'atmosphère dès le début du concert. On aime bien commencer par "My enemy", le premier vrai morceau. "Phenomenon" est une bonne intro : comme "My enemy" est très vaste etc, "Phenomenon" nous semblait être la plus appropriée. Ça permet notamment de nous faire une idée du son des retours, puis à Franck (Hueso, ingénieur du son) de prendre ses marques pour la façade.

Comment se passe la tournée jusque là ?
A : On a commencé dès le sortie de Lazarus, en avril. On a pas mal tourné, une grosse quinzaine de dates. Ça se passe super bien, on a joué à l'étranger, en Allemagne, en Hollande, en Norvège, au Royaume-Uni. Ça fonctionne plutôt pas mal, l'album est bien apprécié, le groupe est bien accueilli en live. Bref on est super contents !

La presse étrangère semble vous faire la part belle...
A : Oui en effet. Quand on voit des doubles pages dans des magazines étrangers sur nous, tu te dis "wow". Ça fait super plaisir, d'autant qu'on a pas mal misé sur l'étranger. En fait, on a fait du 50-50, contrairement à d'autres groupes qui privilégient d'abord la France et s'exportent ensuite. Nous on a écumé pas mal de scène. Récemment on a essayé de calculer combien de dates on avait fait et on savait même plus (rires) ! C'est une sorte de reconnaissance. L'investissement personnel qu'on a mis dans ce groupe-là, il paie. Ça nous fait croire, ça alimente notre foi.

Vous étiez invités au Hole in the sky festival à Bergen (Norvège). Comment ça s'est déroulé ?
On a fait un aller-retour en avion très très rapide. En plus c'était la première date avec Mike (batteur de Om Mani), qui remplace Olivier sur les quelques dates qu'on a là. Bon on a très mal joué, donc du coup ça nous a pas trop fait apprécier le voyage. C'était très très rapide, tout. On est arrivés en avion, on a déchargé, puis c'était déjà l'heure de monter sur scène. C'était très rapide, on a pas réussi à se mettre dedans. Et puis il y avait de la pression puisqu'on était les invités du festival, c'était quand même un honneur pour nous, le Hole in the sky est quand même assez réputé. Je pense que c'était un peu trop de pression pour le redémarrage de notre tournée, ça faisait deux mois qu'on avait pas joué. On s'est vite vengé sur les autres dates, notamment celle d'après au Portugal avec Behemoth. On avait les idées un peu plus en place cette fois-ci.

Hacride s'impose aussi comme tête d'affiche, notamment au Royaume-Uni
A : Oui, maintenant on commence à faire des têtes d'affiche en Grande Bretagne. On en faisait déjà en Hollande, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, mais là on commence à toucher le côté anglo-saxon qui est super important. C'est le pays du rock quand même ! Donc c'est super, il y a des gens qui viennent pour nous, on nous connaît, la presse est là. Et on va remettre ça ! Une tournée est déjà prévue dans tout le Royaume-Uni en tête d'affiche, ainsi qu'en Irlande.

C'est le groupe qui fait la démarche ou les promoteurs qui viennent vous chercher ?
A : Un peu des deux. Nous on veut tourner là bas, puisqu'on sait qu'on nous attend. On serait pratiquement sur 15 dates, donc la demande est forte. D'autant que c'est plus petit que la France. Donc y a une volonté de notre part de tourner là bas et une volonté des promoteurs de nous faire jouer dans leurs salles. Mais y a une véritable demande.

Des idées de clip pour Lazarus ? Les frères Deka ne sont jamais bien loin...
A : De toute manière on travaillera toujours avec les Deka, même si question emploi du temps, ils sont un peu victimes de leur talent. Ils ont beaucoup de travail en ce moment. Mais ils souhaitent vraiment travailler avec nous, c'est leur plaisir à eux aussi. Donc il y aura un clip. Quand ? Très bonne question. Dès qu'on aura des emplois du temps compatibles, on le fera. "My enemy" se prêterait pas mal à un clip, il est assez cinématographique. Moi mon vieux fantasme est de voir "To walk among them" en court métrage.

Les arrangements de clavier sont très présents sur Lazarus, comment tout cela est-il retranscrit sur scène ?
A : On a un sampler et le batteur joue au clic. Il déclenche une bande qui contient les enregistrements et le clic. Tous les claviers sont enregistrés et balancés sur scène. Tout ça nécessite une certaine rigueur : t'as pas le droit de bouffer une mesure, sinon t'as foiré le morceau.

C'est déjà arrivé ?
A : Ouais (rire général) ! En Norvège justement. Dans ces cas là on enlève les samples complètement puisque tout est décalé. Le côté plus rock de Hacride reprend alors le dessus. Franck essaie de limiter les pots cassés. C'est arrivé quelques fois, mais on fait gaffe. On peu jouer sans les samples, mais on perd largement en intérêt.

Qu'est-ce que cette nouvelle tournée t'as appris jusque-là ?
A : La gestion du stress, ça c'est sûr. Quand tu prends l'avion, tu fais de la route, que t'es naze, que t'as travaillé toute la semaine et que en plus tu dois rattraper des heures que tu paumes parce que t'es en tournée, il faut gérer ta fatigue, tes soucis privés. On arrive mieux à se mettre dedans maintenant, à gérer tout ça pour rentrer dans une bulle sur scène et faire ce pour quoi on est là.

Hacride - Adrien Hacride - Adrien Jouer "To wak among them" live, un morceau qui frise la quart d'heure, c'est un sacré challenge...
A : En effet c'est peut être un morceau assez difficile à digérer sur CD, mais ce qu'on ma dit c'est que sur scène, il passe super bien. Donc on est assez ravis, surtout pour ces morceaux qui ne sont pas simples de prime abord. L'accueil est très bon je crois. En tout cas nous on prend notre pied, c'est un morceau super agréable à jouer.
En live, on joue ce morceau de manière tout à fait naturelle. On est beaucoup plus concentrés sur des morceaux d'Amoeba qui sont plus rythmiques et plus techniques car plus intenses. Alors que là on est sur rythme de croisière, même si il y a des choses agressives, notre jeu est plus naturel.

Ce titre est assez instrumental. Tu gères ça comment Samuel ?
Samuel : Ça ne me gêne pas. La musique a une place importante et quand je suis là j'essaie d'être très présent. C'est aussi un choix dans la façon de composer, la façon dont j'ai appréhendé mon chant. Si j'interviens tout le temps sur Lazarus, je vais ennuyer les gens, et je vais m'ennuyer moi aussi. Parfois la musique se suffit à elle-même, je laisse les autres faire le job. Mais sur les 15 minutes, il n'y a que des moments précis ou je n'ai rien à chanter, ça contraste.

Quand tu as composé l'album et que tu as cherché d'autres accordages pour ta guitare, tu t'es dit "merde, je vais devoir en apporter d'autres sur la tournée" ?
A : (rires) Tu te poses pas la question quand tu composes. C'est quand les live commencent à arriver que tu te poses la question, mais c'est pas véritablement un problème. C'était plutôt pour Ben que c'était problématique, il a dû acheter une autre basse du coup (rires).

Comment vous gérez tout ce panel de son, entre Amoeba très agressif et Lazarus très progressif ?
A : On a adapté un son un plus rock, avec tous les guillemets que ça implique. On a un son un peu plus chaleureux, avec un peu plus de dynamique. Évidemment on a testé pleins de réglages, mais a priori on s'est plutôt pas mal dépatouillés.

Est-ce que vous essayez de créer une unité sonore entre Ben (basse) et toi ?
A : Non, puis de toute façon les deux univers ne sont pas du tout comparables. Malgré des accordages proches, les ambiances sont complètement opposées.

Comment tu expliques ce retour du prog ?
A : Je crois que c'est dû fait on est arrivés à un paroxysme d'un métal aseptisé, avec des guitares chirurgicales. C'était à qui serait le plus rapide... Et ça a un peu saoulé tout le monde. Nous-même sur Amoeba on était un peu dans cet esprit là, sans l'être tout à fait. On s'est dit "stop". La course au son, tout ça nous intéressait pas. On est revenu à des sonorités plus vintage. C'est un besoin, on avait besoin de souffler.
Ben : c'est la démarche qu'on voulait, on voulait quelque chose qui soit assez ample.
A : Franck voulait un gros son de batterie, avec une réverb naturelle, pas un plug in de ProTools. Bref, utiliser des vrais instruments, ce qui est de moins en moins le cas malheureusement. Mastodon a un peu renversé la tendance, leur album est bien tombé. On est arrivé au même moment, mais pour le coup c'était complètement par hasard. Même si on avait pas les moyens de faire comme Mastodon qui utilisait des instruments vintage, on a voulu avoir un son rock, qui a été critiqué d'ailleurs.

Quand on joue au Hellfest en fin de matinée, le café remplace la bière ?
A : Oui on était au café (rires) ! C'était un peu dur... surtout pour le public. On pensait qu'il y aurait moins de monde que ça, la surprise était de taille. On est passés tôt mais en même temps après nous c'était le tour d'Aborted et Keep of Kalessin, on pouvait prétendre à jouer après eux. D'autant qu'on a fait un gros travail sur les lumières.
B : Il n'y a avait pas d'autre choix, ou alors un début de mainstage. Mais dans le chapiteau on peut recréer un semblant de noir, ça passe mieux qu'en plein jour.