Mister Biafra et son gang - Flyer de la soirée Mister Biafra et son gang - Flyer de la soirée Des jeunes rockeurs avec des T-shirts Ramones. Des quadragénaires rangés des voitures. Des vieux punks en âge d'avoir vu les Dead Kennedys à la bonne époque. Des métalleux pas tout à fait remis du featuring de Jello sur "Biotech is godzilla" de Sepultura. La population est très diversifiée ce soir là à l'aéronef, force est de constater que le public de Monsieur Biafra se renouvelle à merveille et traverse les générations.
Un public qui sera d'ailleurs très attentif face au live d'H.O.Z. Le trio mathcore-grind, que tu connais déjà (remember Loud noise making), jouit d'une actualité brulante (un EP intitulé Richard Dean Anderson, sans blague) et va livrer un live cinglant, forcément, ce soir à base de morceaux de leur dernier album ("The hive", "The sound of A.c.o.palypse", "Rock'n'fall"), d'un titre de Monkey banana et d'un nouveau morceau à l'allure plus que prometteuse. Première partie pas évidente d'ailleurs avec un style aussi segmentant et un public pas forcément adepte de musique extrême mais le challenge va être relevé haut la main. Des yeux écarquillés, des oreilles interpellées, des têtes qui accompagnent les déflagrations sonores, les retours semblent très positifs. Au vu des morceaux assez courts, j'avais tendance à émettre des réserves sur le live mais il en est absolument rien, la dynamique galope et on cravache, autant que faire se peut, derrière la furie sonore H.O.Z. A tel point que l'on se demande quel est le carburant du groupe (et surtout ce batteur du feu de dieu) pour tenir un tel rythme, peut-être de cette fameuse poudre jaune de la pochette de leur album. Voir un groupe dunkerquois (fierté!) en première partie de Jello Biafra : ça, c'est fait. Voir Jello Biafra : ça vient dans quelques minutes et une bière. Patience.
Après l'entrée en scène de son groupe et un morceau introductif instrumental, Jello apparaît dans son éternelle tunique splangled banner qu'il enlèvera au gré des brulots punk et des discours revendicatifs, harponnant les travers de notre beau monde. Sa réputation de frontman hors-pair n'est clairement pas usurpée, la scène et tous ses aspects, il maitrise à mort et ravira tous les spectateurs présents ce soir. Beaucoup de titres de punk-hardcore sans prétention issus de sa nouvelle vie artistique avec notamment The audacity of hype ("New feudalism", "Electronic plantation", "Pets eat their master") et son nouveau bébé ("The cells that will not die"), quelques chefs d'oeuvre des Dead Kennedys ("California über alles", "Too drunk to fuck", "Holiday in Cambodia" qui sera l'occasion d'un slam dans le public, c'est qu'il fait son poids le gaillard), deux rappels tonitruants et la messe punk a été dite. Excellente soirée en compagnie d'une légende vivante de la musique indé. Rideau et respect.