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Meeting The Grey (avril 2025)

Découvert en tant que roadie de Will Haven, The Grey a su se faire une place dans la musique instrumentale en n'hésitant pas à aller chercher des guests de renom pour les parties vocales. La musique du groupe se situe quelque part entre Tool et Will Haven. Entretien autour de la sortie de leur nouvel album qui risque de leur faire franchir un palier important.

The Grey The Grey Tout d'abord, félicitations pour Kodok ! L'album est absolument époustouflant, à la fois immersif et écrasant. Maintenant qu'il est sorti, comment ressentez-vous son accueil ?
Merci beaucoup pour ces mots gentils et pour prendre le temps de nous parler, nous espérons que vous et vos lecteurs allez bien ! Honnêtement, c'est incroyable de voir les gens réagir aussi positivement à Kodok. Ça a été un long parcours pour en arriver là, et même si nous étions impatients de sortir l'album, cela a aussi été étrangement stressant. Nous avons reçu énormément de retours incroyables et, même si nous avons tendance à être très critiques envers nous-mêmes, c'est formidable de savoir que les gens se connectent à l'album. C'est sincèrement touchant !

Il dégage une profondeur émotionnelle impressionnante. Y avait-il un état d'esprit ou une expérience particulière qui a influencé son processus d'écriture ?
C'est une excellente question, mais difficile à répondre ! Honnêtement, notre processus d'écriture prend tellement de temps qu'il n'y a pas une seule émotion qui imprègne chaque morceau. Les chansons sont plutôt le reflet de la façon dont nous traitons notre quotidien. Par exemple, les paroles de "Chvrch" ont été influencées par un ami qui nous a malheureusement quittés, et cela continue d'évoluer avec le temps.

Comparé à vos précédentes sorties, Kodok semble encore plus cinématographique, comme la bande-son d'un rêve dystopique. Y a-t-il des films, des livres ou des inspirations visuelles derrière cet album ?
C'est génial d'entendre ça, merci ! Nous projetons des visuels pendant que nous écrivons et répétons, tout, des films et images de science-fiction aux concerts et vidéos des groupes qui nous influencent. Stevo est aussi un grand fan de littérature de science-fiction, et nous pensons que tout cela s'est infiltré dans notre musique.

L'un des moments forts de l'album est la collaboration avec Grady Avenell et Jeff Irwin de Will Haven. Comment cette connexion s'est-elle faite ? Et qu'ont-ils apporté au processus créatif ?
Andy : Charlie est la personne qui peut expliquer le "comment", mais j'ai définitivement un avis sur le "quoi". Nous sommes tous d'immenses fans de Will Haven, et je le suis personnellement depuis que j'ai entendu "I've seen my fate" sur un CD sampler de Kerrang! dans les années 90. Grady a tout donné sur les paroles et l'interprétation de "Sharpen the knife". C'est un moment fort, non seulement pour l'album, mais aussi parce que cela s'est réellement produit !
Charlie : J'ai découvert Will Haven lors de leur tournée avec Deftones pour Around the fur à Wolverhampton, puis j'ai eu la chance de les rencontrer dans les années 2000. Stevo (batterie) et moi avons travaillé avec eux sur plusieurs tournées depuis. Au-delà d'être l'une de nos plus grandes influences musicales, ce sont aussi des personnes formidables qui sont devenues une véritable famille. L'un de nos objectifs en formant ce groupe était de jouer avec eux et de faire de la musique ensemble. C'était un projet en gestation depuis longtemps, et nous voulions que cela rende hommage à leur héritage musical. Grady, sa femme Paloma et Jeff apparaissent tous sur Kodok, et ils nous ont bluffés en élevant les morceaux à un autre niveau. Paloma chante sur "La bruja", préparant l'appel et la réponse avec Grady sur "El brujo", tandis que Jeff apporte des claviers, des synthés et des percussions qui reflètent l'univers sombre de Will Haven. "Sharpen the knife" est une véritable lettre d'amour à Will Haven, et nous avons composé la musique spécialement pour Grady. Le soutien et l'amour qu'ils nous ont apportés au fil des ans sont un rêve devenu réalité et quelque chose que je chérirai toujours.

Vous avez également collaboré avec Ace de Skunk Anansie. Comment était-ce de travailler avec un guitariste aussi légendaire ? Son approche a-t-elle apporté quelque chose d'inattendu à l'album ?
Charlie : Oh mec, quel trip ! Ace est une légende, encore une fois, l'une des personnes les plus cools, adorant la musique, et une vraie "rockstar". Un autre rêve devenu réalité ! Son style est partout sur le morceau. Lui et Mark (Richardson, batteur de Skunk Anansie) nous ont envoyé l'idée originale de "AFG", et nous avons juste foncé. Un vrai délire de guitaristes ! Chris "Fattybassman" Hargreaves a été la cerise sur le gâteau avec une ligne de basse parfaite, il a assuré ! Big up Mushy !

Ces collaborations étaient-elles uniques ou aimeriez-vous en explorer d'autres à l'avenir ?
Andy : Je pense que les collaborations font partie de notre ADN. Le noyau du groupe, c'est nous trois, mais nous voulons enrichir notre palette sonore. Parfois, cela signifie inviter une voix ou un musicien différent sur un passage. En ce qui concerne ces collaborateurs en particulier, j'adorerais retravailler avec eux !

The Grey Kodok Kodok est à la fois d'une lourdeur écrasante et profondément atmosphérique. Comment trouvez-vous le bon équilibre entre agressivité brute et ambiance hypnotique ?
Andy : Par essais et erreurs prolongés, et en étant impitoyables avec l'écriture des morceaux. Chaque chanson doit raconter une histoire musicale, être dynamique et emmener l'auditeur dans un voyage émotionnel, avec un début, un milieu et une fin. On écrit plus que nécessaire et on coupe beaucoup. Nous prêtons attention à la façon dont le morceau nous fait ressentir en jouant, ainsi qu'à la réaction du public en live. Cet équilibre est essentiel, et nous passons beaucoup de temps à l'ajuster.

Les textures et les couches sonores de l'album sont envoûtantes. Quel type de matériel, d'effets ou d'astuces de production a joué un rôle clé dans l'obtention de ce son ?
Charlie : L'élément clé, c'est de travailler avec notre cher ami (et être humain incroyable) Matty Moon au Half Ton Studios, à Cambridge. Nous faisons de la musique ensemble depuis 20 ans, et je le considère comme notre co-pilote. Côté guitares, nous utilisons différents modèles PRS branchés sur un ampli Badcat d'un côté, et des Les Paul sur Marshall et Orange de l'autre. Pour les sons clairs supplémentaires, nous avons recours à des Fender Princeton et des Telecasters, ainsi qu'à une Taylor pour les parties acoustiques. Niveau pédales, nos incontournables sont Dunlop, MXR, Fulltone, Keeley et Strymon. Andy joue sur des basses Lakland avec des amplifications Darkglass et Ampeg, et Steve a enregistré avec son fidèle kit DW Collectors et ses cymbales Zildjian.

Si vous deviez décrire Kodok en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Andy : Grand. Voyage. Émotionnel. (Ou "question très difficile" serait aussi une réponse juste !)

Votre musique a une intensité quasi hypnotique. Comment traduisez-vous cette énergie en live ?
Andy : Nous sommes avant tout un groupe de scène. Nous laissons tout sur scène : beaucoup de mouvement, de sueur et d'émotion. Comme nous sommes principalement instrumentaux, nous pouvons être un peu plus forts que les groupes avec un chanteur en permanence. Nos sets jouent sur la dynamique, les passages calmes sont vraiment calmes, et les passages lourds sont... encore plus lourds !

Comment le public a-t-il réagi aux nouveaux morceaux jusqu'à présent ? Y a-t-il eu des moments où vous avez vraiment ressenti une connexion avec l'énergie de l'album ?
L'une des choses que nous avons délibérément faites cette fois-ci, c'est de jouer l'album en live avant de l'enregistrer, sans rien laisser au hasard. C'est incroyable de ressentir cette connexion lors des concerts, "Chvrch" semble particulièrement toucher les gens, et c'est toujours très émouvant d'entendre comment ils s'y identifient et ce que cela signifie pour eux, même si certaines de ces connexions peuvent être bouleversantes.

Jouer en live est souvent imprévisible. Avez-vous récemment vécu des moments inattendus ou drôles sur scène ?
Andy : Étant donné que nos performances sont assez physiques, on n'a pas eu trop de mésaventures récemment, pour être honnête. J'en ai certainement connu pas mal au cours de ma carrière, tout comme Steve et Charlie, entre tomber de la scène et me retrouver inconscient, ou casser du matériel coûteux en essayant d'avoir l'air cool... Mais ces derniers temps, j'ai eu pas mal de chance, alors ne me porte pas la poisse !

The Grey The Grey Vous avez déjà joué à Bloodstock et partagé la scène avec de grands groupes. Quel serait votre festival ou salle de rêve pour votre prochaine performance ?
Andy : J'adore les festivals. Il y en a plein qu'on aimerait vraiment faire, comme l'ArcTanGent au Royaume-Uni. J'adorerais aussi jouer au Damnation. Bien sûr, certains des grands festivals européens sont en haut de ma liste - le Hellfest et le Dunk!Festival notamment. J'aimerais vraiment faire le Pelagic Fest aussi, surtout parce que leur roster est incroyable ! J'adorerais également aller aux États-Unis à un moment donné, le Post. Festival serait génial, et même si on n'est probablement pas assez hardcore, j'adorerais jouer au Furnace Fest là-bas. Nos bons amis de Din Of Celestial Birds viennent de jouer au Can Festival en Chine, ça avait l'air incroyable, donc ça s'ajoute à la liste aussi !
Charlie: Download Festival, ArcTanGent, Desertfest, Hellfest, Rock Am Ring/Park, Wacken & Graspop, s'il vous plait !

Avec un album aussi fort, quelle est la suite pour The Grey ? Travaillez-vous déjà sur de nouveaux morceaux ou l'objectif est-il avant tout de faire vivre Kodok en live ?
Andy : Pour reprendre une expression anglaise, c'est "fifty-fifty" ! Nous avons déjà commencé à écrire trois morceaux pour le prochain album, tout en nous concentrant sur la promotion et les concerts pour Kodok. Nous avons des vidéos en préparation et nous prévoyons des tournées plus tard dans l'année, alors restez à l'affût !
Charlie : Nous écrivons constamment de nouvelles idées et nous en avons beaucoup en stock. Nous nous concentrons sur la diffusion de Kodok et nous voulons jouer cet album dans un maximum d'endroits, en explorant toutes les opportunités possibles. Mais nous voulons aussi faire progresser notre musique. L'un des morceaux sur lesquels nous travaillons est complètement différent de ce que nous avons fait auparavant, et c'est ce qui rend les choses excitantes pour nous.

Une dernière question : y a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire aux auditeurs français qui découvrent Kodok pour la première fois ?
Charlie : Merci de nous donner une chance et de nous écouter ! Nous savons que le temps est précieux et que tout le monde est inondé de musique en permanence, donc nous apprécions vraiment que quelqu'un prenne le temps de plonger dans Kodok. Nous sommes impatients de voir comment l'album résonne en vous et, qui sait, peut-être nous verrons-nous à un concert très bientôt !
Andy : Merci d'écouter notre disque ! Et si vous aimez, partagez avec vos amis et venez nous voir en concert. On a hâte de jouer en France !

Merci à Charlie, Andy et Steevo.
Photos : JC Forestier

Publié dans le Mag #65

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