General Lee - Roads Il est de retour... Le General, qui avait sous les traits d'Hannibal terrassé l'empire à l'occasion de son premier album, revient maintenant conquérir le monde en se lançant dans un périple postcore des plus abrasifs. Sur sa route, ou plus "les" routes qu'il emprunte, il délivre neuf titres à la densité hors-norme, aux tourments insoupçonnés et paradoxalement d'une finesse rarement égalée dans le genre. Monument post-truc avec des machins en "core" dedans, General Lee est avec ce nouvel album fidèle à sa réputation (flatteuse) qui fait de lui l'un des plus âpres et fervents représentant de la lignée dans l'hexagone et peu à peu sur l'ensemble du vieux continent, mais fait dans le même temps évoluer sa musique vers des territoires plus "apaisés" qu'à l'accoutumée. Du moins sur le titre ouverture : "When the vultures descend to feed". Mais pas que...

Car dès le second titre, hargneux comme jamais, faisant cramer le bitume en se basant sur un socle musical d'influence rock et y plaquant par dessus des hurlements ravageurs ("Torches"), les nordistes font grimper la tension, sans pour autant oublier de soigner les atmosphères, presque propices à l'apaisement par instants, même si c'est pour constamment demeurer au beau milieu d'un champ de ruines émotionnelles. Ou presque. On l'aura compris, sur ce Roads, le calme est de courte durée et la maîtrise formelle absolue ("Control"), dopée par une production limpide (limite un peu trop...). Tout au long de l'album, le périple des General Lee se voulant autant un trajet à travers le postcore, le mid-tempo et le sludge metal qu'une une épreuve initiatique l'invitant à s'immerger dans les soubassements d'une musique hardcore toute à la fois catharsis et exutoire, envoie l'auditeur se frotter à des riffs toujours telluriques et un "chant" cinglant comme jamais.

Ici, il est ainsi littéralement happé par cette rage brute qui transpire de tous les sillons de ce disque et pourtant, peu à peu, le groupe se détache de la simple classification postcore/hardcore/sludge/rock pour livrer sur "Hunted ("Ashes by the dawn"), une ballade intimiste et dépouillée au chant clair et instrumentations fragiles... avant de revenir à ses fondamentaux hard avec "The red room" ou "Those of the unlight", expulsant des litres de haine à même l'asphalte, avant de lâcher sur la platine le climax de son album, le magnifique "In reverse". On se dit alors que General Lee a tout mis dans ce titre et pourtant, "This sea breathes evil" tend à démontrer que le groupe en avait encore sous la pédale au rayon postcore screamo éruptif... avant de boucler la boucle sur l'instrumental éponyme "Roads". Une conclusion tout en douceur pour un disque aux deux visages, tantôt tempétueux, tantôt plus apaisé, toujours excellemment exécuté... et finalement le seul bémol que l'on pourra ajouter à la partition du groupe, c'est tout simplement qu'il ressemble parfois un peu trop à Cult of Luna période Somewhere along the highway. Pour le reste, après un excellent Hannibal Ad Portas, les General Lee confirment tout le bien que l'on était en droit d'attendre d'eux et c'est déjà pas mal. Classe.