the_gathering_if_the_else_artwork Ayant atteint des hauteurs stratosphériques avec Nighttime birds et plongé l'auditeur dans une douce torpeur intimiste avec l'éthéré How to measure a planet ?, The Gathering revient avec un If then else qui marque une nouvelle évolution dans la musique du groupe : l'équilibre. D'aucun diront que l'on appelle ça la maturité et ils n'auront pas torts tant la formation néerlandaise parvient avec cet album, à trouver le compromis parfait entre les ambiances atmosphériques de son prédécesseur (How to measure a planet ?) et la puissance métallique et obsédante des guitares d'un Mandylion.
A ce titre des morceaux tels que l'envoûtant "Rollcoaster" ou "Colorado Incident", tous deux impressionnants de maîtrise formelle et de maturité artistique, laissent supposer que l'on a droit à un album de très haut niveau. Les rythmiques enlevées et les riffs accrocheurs de "Short to pieces" confirment cette impression quant à la qualité de cet If then else. Certes tout n'est pas parfait dans cet album (l'anecdotique "Beautiful war"), mais The Gathering livre ici une oeuvre d'une richesse musicale étonnante, ainsi que quelques titres, à la fois planants et d'une puissance mélodique unique ("Bad movie scene", "Analog park") encore une fois portés par la voix d'Anneke. Dès les premières secondes, on a des frissons tant la chanteuse parvient à nous toucher, à nous émerveiller, passant d'un registre à l'autre sans aucune difficulté, livrant une performance vocale de très haute volé, et ce, sans jamais trop en faire.
La mélancolie douce qui se détache d'un "Amity" touché par la grâce et l'intensité émotionnelle rare d'"Herbal movement" ou de "Saturnine", font d'If then else, un album à la fois apaisant et enivrant, un disque riche et fouillé, une oeuvre majeure de ces dix dernières années à n'en pas douter. Difficile de refermer la boîte des superlatifs tant The Gathering a su repousser ses propres limites et se réinventer pour nous offrir cette sublime pépite mélodique qu'est If then else... Classe.