Metal Métal > Galibot : Chronique LP

Catabase

GALIBOT catabase Les Nordistes de Galibot ont sorti, en début d'année, un Euch mau noir bis qui sublimait leur premier album. Lors de la chronique de cet album, j'avais fait référence à Zola, car on y retrouvait cette description si particulière, frôlant le fantastique, du milieu industriel, et plus précisément du milieu minier, on notera le titre "Jeanlin", l'un des protagoniste de Germinal. Galibot comme Zola, c'est à la fois un témoignage et documentaire pour l'éternité, celle d'une société aujourd'hui disparue, mais toujours profondément ancrée dans le réel des habitants du Nord.

Avec Catabase, Galibot réussit un tour de force : rester ancré dans un black metal pur et mélodique, tout en étant novateur, avec des breaks, des riffs et des lignes de basse et de batterie directement empruntés à d'autres courants de la famille metal. Pourtant, l'album commence simplement, avec un black metal classique et hypnotique. Si l'on s'arrêtait là, on croirait écouter un énième album de BM comme les autres. Cependant, la bête finit par vite s'emparer de nous. Elle nous broie, nous embourbe dans la terre noire d'un Nord rugueux, sans concession. Ce n'est plus seulement l'univers minier qui est à l'honneur, mais toute la société industrielle et ouvrière qui en découle. Il faut dire que le black metal est, par essence, juste parfait pour nous plonger dans un tel univers. Là où Galibot se démarque des autres productions actuelles, c'est par la prise de risque musicale. Sans tomber dans l'excès déroutant du dernier Gaerea, le quintette intègre des influences musicales qui subliment leur musique avec des breakdowns incisifs et des riffs percutants, donnant du corps à l'ensemble. C'est comme déguster un bon repas accompagné d'un grand cru, là où les autres se contentent d'un vin banal. Le tout est sublimé par des textes superbes, qui nous permettent de continuer à explorer ce Nord ouvrier et industriel.

Enfin, pour les amateurs de beaux objets, l'artwork est magnifique et bien pensé, sorte de méandre industriel où se cache la "bête". Comme un hommage à l'alambic de Zola. Au final, un album qui finira sans aucun doute dans mon top 5 black metal de l'année !

Publié dans le Mag #71

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