Furykane - Furykane "Smells like teen spirit" disait Kurt en 1991, "Smells like neo-métal spirit", dirons nous à l'écoute de ce nouveau maxi de Furykane fraîchement sorti en ce début d'année. Une décennie plus tard, cette jeune formation parisienne cultive les restes d'un style qui a bercé l'adolescence de certains et qui pour la plupart fait partie des vieux dossiers rangés au milieu des baggys, des vestes de sport et qui nous ferait presque regretter nos cheveux longs ou autres dreadlocks ébouriffées. Sauf que, comme toute formation respectable, Furykane a son écriture, sa griffe et un visuel élaboré afin de ne pas se confondre avec la tripotée de groupes qui nous vendent du gros son et juste leur attitude. Vêtus de blanc, par opposition au noir prédominant du métal, ce quintet joue avec l'image de cette couleur résultante de l'ensemble de celles-ci. Furykane se livre au jeu des ambiances, passant des riffs qui envoient du lourd aux cassures groovy à rendre dingues les voisins du dessous. La linéarité est l'ennemi de ces rockeurs qui n'hésitent pas non plus par intermittence à rendre l'air plus respirable sur des titres tel que "AOSD". Le véritable point fort de ce disque est indubitablement la capacité vocale époustouflante de sa chanteuse. En plus d'avoir des atouts physiques indéniables (Messieurs, vous ne pouvez nier que cela peut aider parfois à gagner quelques fans, prenez l'exemple d'Eths), Jen varie son chant aussi vite qu'Usain Bolt enchaînant vocalises aigües, claires, susurrées, gueulées et plaintives avec une facilité déconcertante. Imaginons un tant soit peu ce que cela peut donner sur scène : une échappée d'un asile psychiatrique où ses camarades de jeu lui donnerait le "la" pour qu'elle puisse s'exprimer dans toute sa splendeur. Au vu des vidéos de concerts tournantes sur le web, c'est à peu de chose près ce qui se trame derrière l'entité Furykane. Une bonne découverte en ce début d'année qui devrait à travers ces 5 titres attirer l'attention d'amateurs de son massif qui n'ont pas totalement mis de côté le métal qui fusionne. Selon toutes vraisemblances, ce style a encore de belles années devant lui. Tout du moins, grâce à des groupes de cet acabit.