Forest in Blood LIVE Salut les pirates, merci de nous accorder cette interview comment se passe la période pour vous ?
Nech : Salut mec. Alors la période se passe caloriquement bien mais il est vraiment temps de reprendre la route, on boue sur le pont et on sent l'impatience de tout le monde ce qui va faire des ambiances complètement folles en concert !
Pierre : Comme pour tous les zikos en ce moment, on a faim, la scène et la route nous manque, on a hâte de tourner la page et de retrouver ce qui nous anime, le live, les rencontres avec le public, en même temps on ne se pleure pas dans les chaumières non plus car le groupe n'est pas notre gagne-pain en comparaison aux intermittents, restaurateurs pour qui la période est extrêmement difficile et avec qui nous sommes solidaires.

Nous sommes à quelques semaines de la sortie de votre disque qui a été chroniqué dans le Mag #45 par Oli. Vous êtes contents des retours ?
Nech : "Content", c'est le moins que l'on puisse dire ! Beaucoup de messages de gens de tout horizon, c'est ça qui nous fait le plus plaisir, c'est ce qui fait rester motiver malgré cette période... bien trop longue !
Pierre : Que de bons retours, de bons échos de beaucoup de médias et du public, ce qui est très frustrant car on ne peut toujours pas défendre le projet physiquement.

Vous êtes allés chercher un label australien, c'est votre navire qui a échoué là-bas ? Comment s'est faite la rencontre ?
Pierre : C'est la magie du kilomètre et la sexy french touch du capitaine Elie qui a séduit nos amis kangourous (rires)
Nech : On avait eu des échanges avec plusieurs labels, tous étaient super intéressants et intéressés, mais 1054 a su nous convaincre grâce à sa motivation et la passion qu'il a pour la musique et l'ouverture vers l'Océanie était une super aventure pour nous.

Revenons sur le prédécesseur d'Haut et court, Pirates, qui vous a vu revenir sur le devant de la scène en tant que vétérans. Cela vous manquait tant que cela ?
Nech : Le break avait été plus long que prévu, avec des mariages et des enfants qui ont fait qu'on oublie un peu la magie de ce que c'est d'être sur scène. De mon côté, je n'avais jamais arrêté la scène que ce soit avec MLAH ou plus récemment avec Temporary, mais une date Forest in Blood a toujours une saveur spéciale. Et quand en plus les gens sont demandeurs, c'est sûr que c'est vraiment addictif.

Faisons un petit tour du côté du line-up et de votre bassiste, cela lui a fait quoi de retrouver -soyons clair il n'est jamais loin lors des concerts - le front man de The Arrs sur le titre "Haut et court" ? Plus sérieusement, le public vous attend moins sur du chant français et qui plus est, ce n'est pas forcément la langue de prédilection pour le hardcore à la sauce FIB, non ?
Nech : The Arrs sont des potes de longue date, ce feat c'est fait assez naturellement et Pierre s'est bien intégré à la piraterie et a été force de proposition sur les deux disques. Il y a les idées et les influences de chacun de nous sur ces projets, ce qui les rend sûrement différents des autres disques. En tout cas, ça a l'air de plaire à l'audience.
Nech : C'est vrai qu'on est plus dans un débit de chant qui fait qu'en anglais tu mâchouilles plus les mots, mais l'exercice du français et aussi les retours qui ont accompagnés la chanson ont fait que vous n'êtes pas à l'abri d'avoir d'autres chansons du genre, mais on aime la spontanéité quand on compose donc on verra si cela s'y prête naturellement.

10 titres en 28 minutes avec les interludes, c'est le poids de l'âge ou la volonté de sortir un brulot qui part dans le ciel comme les boulets de canon des corsaires ?
Nech : Si tu écoutes les anciens albums, c'était déjà la même dynamique. On pourrait faire un album qui dure 45 minutes ou plus, mais on est de l'ancienne école ou tu aimes écouter un album entièrement et avoir ce goût de trop peu qui te pousse à l'écouter de nouveau. On n'est pas trop adepte des titres de remplissage, on veut avoir envie de tous les jouer sur scène.
Pierre : Pas de compromis, que de la piraterie !!! Bang bang bang, pas de fioritures, on a composé cet opus dans ce sens-là, pour que l'auditeur se prenne une bonne tartine dans les dents.

Forest in Blood LIVE Vous avez poussé l'immersion dans le monde de la piraterie jusqu'à faire votre propre rhum et offrir des pièces d'époque lors de jeux concours, c'est pour vous important ce monde là ? Et qu'est-ce qui vous relie à la piraterie à part le rhum ?
Nech : La piraterie, c'est un état d'esprit très français à la base, la rébellion et tout ce qui va avec. Il est vrai que ça se perd un peu tout ça. Mais la fraternité, l'esprit de corps, le fait d'avancer ensemble que ce soit dans le groupe comme avec les gens qui nous suivent, c'est tout ça qui nous relie à nos chers ancêtres.

Le visuel semble assez important tant sur les pochettes que sur les clips. Tu peux nous en dire plus ?
Pierre : Exactement, tout cela est très important pour nous. On a créé notre univers, notamment grâce à Alek Garbowski qui s'occupe de l'image du groupe, des clips et qui est avec nous aussi sur la route, il fait partie du groupe, c'est le sixième membre.

Y aura-t-il un triptyque autour de la piraterie ou vous allez trouver d'autres thèmes autour du rhum et de la poudre pour le prochain album ?
Nech : Comme c'est un triptyque, il y aura encore de l'abordage et de l'hydratation à foison avant de couler le bateau en mer probablement. Le capitaine Elie a surement déjà quelques ébauches pour relater ses débauches.

En ces temps de disette, le live ne vous manque pas trop ? Le premier album avait été un prétexte pour faire chauffer les mosh pit (ceux qui étaient présent à la release party en ont encore des bleus et/ou des stigmates sur les objectifs d'appareils photos) ?
Nech : Le studio est un passage obligatoire mais c'est juste, comme tu dis, un prétexte pour du live, et le nouvel album a été fait dans ce sens encore une fois. Et quand tu es sur scène, il n'y a rien de plus jouissif que de voir le public se foutre sur la gueule en y prenant plaisir et avec le sourire. Quand il reste des dents... (rires)

Le pire souvenir en live ?
Pierre : Les concerts taboulé et bières tièdes... c'est assez rare maintenant et tant mieux mais si t'as pas connu ça, t'es pas thru !!! Les vrais savent ...
Nech : Moi je n'en ai pas vraiment, bon y a toujours les soucis techniques ou un mec un peu plus agité dans la salle qui peut te pourrir une ambiance, mais bon quand on en reparle, souvent ça fait une bonne anecdote.

Une perspective sur le devenir de la culture dans le "monde d'après" ?
Nech : J'aime penser que tout redeviendra comme avant et aussi que le manque fera que les gens auront encore plus envie de profiter et savourer les bons moments. Ce qui est sûr c'est que moi en tout cas j'ai hâte que la culture redevienne essentielle !

Le mot de la fin pour nos lecteurs ?
Nech : On revient bientôt, j'espère qu'ils seront tous au rendez-vous et toujours aussi passionnés !
Pierre : Vive la piraterie !