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Five Finger Death Punch / Chronique LP > And justice for none

Five Finger Death Punch - And justice for none Tu connais l'histoire des 5FDP qui se fightent avec leur label parce que l'un d'entre eux est incapable d'assurer l'avenir du groupe car en desintox ? C'est un peu celle racontée par And justice for none, détournement du serment d'allégeance à Stars & Stripes (ou clin d'œil à MetallicA ?) et par ces 5FDP qui ne cherchent pas à faire dans la dentelle et à aller de l'avant ("It doesn't matter"). Groove appuyé, petit solo, mélodie facile à chantonner, guitare acoustique piquée à Nickelback ("Blue on black", "I refuse"), gros fade en fin de morceaux, les "college radios" vont se régaler et les groupies vont pouvoir faire la queue devant/dans les loges des 5FDP qui devraient en profiter. S'ils ne traînent plus dans les mini-jupes de leurs mères, les 5FDP ont quand même du mal à s'élever, préférant emprunter des trucs chez les voisins plutôt que de faire monter leur propre mayonnaise. Chaussés de leurs gros sabots, 5FDP font beaucoup de bruit pour pas grand-chose et il y a fort à parier qu'on les retrouve davantage dans les pages faits divers et bullshit news que dans les tops de fin d'année. Ou alors juste le Music And Other Truc Fenec Award du groupe avec lequel trouver des titres de news est devenu un jeu bien marrant.

Five Finger Death Punch / Chronique LP > Got your six

Five Finger Death Punch - Got your six Dans le monde de la musique, si on veut gagner gros, mieux vaut ne pas jouer... Zoltan Bathory le comprend très bien, ses premières expériences étant peu concluantes... Mais le gars vit à Las Vegas, il comprend qu'il faut mettre toutes les chances de son côté pour rafler la mise. Avec Jeremy Spencer (batteur), il cherche le bon cheval et convainc Ivan Moody de quitter son Colorado natal pour rejoindre ce nouveau groupe qui bégaye encore en 2006 : Five Finger Death Punch. Leur premier opus est autoproduit mais attire des labels qui, eux aussi, fleurent le bon filon. Le jackpot est atteint dès 2009 avec leur deuxième disque : War is the answer et ses presque 1 million d'albums rien qu'aux Etats-Unis, les pièces remplissent les gobelets, la cash machine est en marche et si le personnel gravitant autour de ces trois membres évolue quelque peu, il se stabilise en 2011, permettant au combo de s'enflammer davantage en sortant un double LP (les deux volumes de The wrong side of heaven and the righteous side of hell en 2013). Fin 2015, les Ricains en sont donc à leur sixième album en 10 ans et continuent d'en vendre des palettes...

Tu l'auras compris, Got your six n'est pas le disque de l'année et en terme de créativité, on peut repasser, Five Finger Death Punch veut assurer et pour ça ne prend aucun risque. Il faut être efficace avant tout. Ca passe par une production millimétrée, une voix juste assez méchante par moments pour ne pas faire fillette et un ensemble de riffs et de rythmiques métal sacrément calibrées. Et oui, si le titre peut se traduire (au vu de cette énième pochette dans le même goût) par "Je te couvre", on devrait plutôt le prendre comme "j'assure mes arrières" parce que si la grosse brutasse (oh une sorte de footballeur américain, comme c'est original !) du digipak dégomme tout ce qui passe (oh, des zombies, comme c'est original !), c'est bien pour remplir le compte en banque des zicos qui valent forcément bien mieux que ce qu'ils font.

Alors pourquoi en faire autant sur ce groupe ?
Raclement de gorge.
Coup d'oeil aux orteils.
Petite voix.
C'est quand même bien fait.
Ouais, faut bien l'avouer, les mecs sont super forts dans ce registre ! Là où Stone Sour a réussi à s'enfermer dans une niche dans le jardin Slipknot, avec les mêmes ingrédients, les Five Finger Death Punch ratissent bien plus large et charment tous azimuts, même un vieux fan de Tool, Pink Floyd ou Gojira comme moi. Inventivité, folie et technicité sont mises au placard mais écouter ce Got your six fait du bien, autant de facilité doit demander un gros boulot et un certain talent. Il faut bien le reconnaître. Alors si toi aussi, de temps à autre, tu kiffes te mater un énorme blockbuster avec un scénario écrit par un collégien et des énormes effets spéciaux, laisse toi porter par ce nouveau chapitre des Las Vegans.