Eths - Ankaa Quatrième album du groupe Eths, Ankaa est un album charnière pour le groupe. Premier album sans la présence de Candice au chant, c'est Rachel Aspe qui reprend le flambeau. Premier album aussi depuis de départ de Gregory Rouvrière à la guitare. Titre approprié donc puisque Ankaa, l'étoile situé dans le cou de la constellation du Phoenix, a pour orthographe Al-Anqa en arabe, "Le Phoenix". Eths nous revient donc, renaissant de ses cendres. Du coup, Stéphane Bihl, seul membre rescapé de la formation original, a pris les manettes et a composé et produit entièrement ce nouvel album.

"Nefas" ouvre cet opus et met tout le monde au pas. Oui, l'esprit et le son Eths sont toujours là. Déluge de guitares, une batterie aux taquets, un chant qu'on attendait de manière appréhensive et qui ne déçoit pas. Le son propre à Eths, autrement dit son caractère sonore, s'enrichit avec des titres beaucoup plus électroniques comme "Alnitak", ou l'instrumental "Sekhet Aaru".

C'est un album intéressant que propose Eths, un album à la fois très consistant, avec des titres qui se lient les uns aux autres, comme le diptyque "Alnilam" / "Mintaka", et des sources d'inspirations et des sonorités variées. Un instrumental "Sekhet Aaru", d'inspiration égyptienne; Aaru, les champs de roseaux sur lesquels Osiris règne et que les âmes ayant gagnées le Paradis rejoignent. Un titre que ne renierais pas Dead Can Dance. À l'opposé, "Vae Victis" ou "Nihil sine causa" sont abrasifs, à l'image des titres de Tératologie. Eths propose aussi des titres beaucoup plus introspectifs comme le subtil et fédérateur "Kumari kandam" ou le magnifique et délicat "Seditio". Un titre qui s'épanche lentement à partir d'une intro au piano qui se fait ensevelir par des guitares erratiques et une batterie prolixe; l'ensemble s'épanouit admirablement entre une guitare irrégulière, un sample électronique insidieux et un chant orchestrant le tout en apportant une tension directrice qu'il faut suivre avec entrain.