Cover The Empire Shall Fall - Awaken Quand l'ex-frontman de Killswitch Engage se la donne dans le stoner qui dérouille, ça donne Seemless et ça envoie du lourd. Quand il fait mumuse avec l'un de ses ex-comparses le temps d'un projet groove-metal qui pulse dans les enceintes, ça s'appelle Times of Grace et on valide. Quand il s'entoure de parfaits inconnus pour monter un projet metal(core) tout ce qu'il y a de plus basique (mais en même temps fonctionnel), on obtient The Empire Shall Fall. Pas le meilleur chapitre de la discographie de Jesse Leach, puisque c'est de lui dont il s'agit, mais quand même, ça fait un peu mieux que simplement respecter le minimum syndical ici requis...
L'éponyme "Awaken" déflore d'entrées les enceintes et part à l'assaut la fleur au fusil, à coups de groove métallique et de mélodies taillées pour le live. Efficace à défaut d'être original mais le charisme du frontman fait (déjà) la différence. On se demande quand même si la recette tiendra la longueur et les huit titres que compte l'album. "Lord of war" + "Voices forming weapons" pilonnent les enceintes et on a la réponse : a priori oui. Un soupçon de deathcore surmonté d'une grosse débauche d'énergie dans la frappe, un batteur qui se fait plaisir et les gratteurs qui balancent du riffs en soutien, toujours pas innovant mais ça fait quand même du bien par où ça passe, même si ça sonne un peu trop comme du Soulfly en mode metalcore burné. Avec les qualités et les défauts que cela suppose donc.
Trois titres et The Empire Shall Fall a posé son sujet. Peu ou pas de personnalité artistique mais la puissance de feu d'un croiseur au service de compos calibrées pour faire mâl(e). Mission accomplie, surtout que le groupe a le bon goût de modifier un peu la mire en se lançant dans une escapade trashisante aux fulgurances deathmetal avec "Choir of Angels". En insérant quelques petites finesses métalliques, le groupe parvient à donner un peu plus de corps à son Awaken avant de repartir sur des bases extrêmement balisées ("We the people", "These colors bleed") tout en respectant à la virgule près le dogme "gros riffs/mélodies/hurlements rageurs" taillés pour le live. Et rien de plus. Mais c'est déjà ça et les américains le prouvent encore une fois avec un "Our town" chargé en testostérone, avant que "The kingdom" ne vienne définitivement plier l'affaire en laissant une énième impression de "déjà entendu par ailleurs" certes, mais également la foudroyante expression d'un machine powercore métallique plus que rôdée. L'un n'empêche pas l'autre.